naoumane

Si le mariage était insensé, celui d’Alaa el din serait dispensé !

Les échos d’un mariage comorien font vibrer le quartier de Maadi. Comoriens et Malgaches ont travaillé d’arrache-pied, main dans la main, pour les préparatifs de cette solennité monumentale. Rien n’est plus exalté, plus romantique, plus original, plus historique, qu’un mariage. C’est un moment vital dans la vie d’une femme, un profond soulagement chez l’homme. Notamment si celui-ci devient le père de ses pairs.

Le couple de l'année
Le couple de l’année

Pour atteindre l’autre rive et conquérir le cœur qu’ils désirent, les sentiments n’ont pas besoin d’un laisser-passer ou d’un visa. Ils  défient tous les obstacles et tracent un chemin reliant les deux amoureux, qu’importe s’ils habitent dans des pays limitrophes ou lointains.

Une « députation » anjouanaise, venant d’Alexandrie, s’est portée volontaire pour y mettre du sien pour le bon déroulement de la cérémonie. Rien n’est laissé au hasard. Tout était apprêté, façonné avec minutie !

A Maadi, au Caire, la joie était immense, même les pyramides assistaient à la cérémonie de près. Le ciel est dégagé, un croissant de lune, celui des îles de la lune, luit dans le quartier. C’est le mariage de monsieur Alaa el din, Comorien et de mademoiselle Ansdjadiya, Malgache. Deux peuples nouent un lien sentimental, deux familles forment un tout et deux âmes sœurs s’unissent pour toujours!

parle-moi de mariage et je te dirais que t’as raté celui d’Alaa el din.

Le jour J était attendu avec tant d’impatiences et de prudences. Et quand celui-ci eût lieu, nous nous réunîmes dans une salle quasiment quadrangulaire. A droite, s’asseyent les Comoriens, avec leurs tenues cérémonielles traditionnelles. Ari « l’habit ne fait pas le moine » hein !
A gauche, s’étend un rang groupusculaire de Malgaches, portant leurs plus beaux costumes.
Devant, en face de nous, le fauteuil du marié et de son auxiliaire. Sous une atmosphère harmonieuse, nous attendons, avec hâte, la venue de « sa majesté » M. Alaa el din, roi de la soirée.
Derrière, mon alter ego et moi, entamâmes une causerie futile, concernant les langues nilotiques.

 Maadi, le Caire
Maadi, le Caire

L’entrée triomphale de notre cher Alaa el din, quelques instant plus tard, mit un terme à notre « logorrhée »! Je parle d’Alaa el din, le bwana harous, le marié. Et non d’Aladin, le héros du Conte, Aladin ou la Lampe merveilleuse. Quoiqu’il soit le merveille de la soirée. Accompagné de son éminence bras droit et de son beau frère, ainsi que d’une longue queue de quidams, il traverse l’allée menant droit vers son fauteuil royal, avec son parfait boubou de marié, pavane, salue, sourit le parterre en quelques signes gestuels.

Le speaker, après avoir invité sa majesté et sa convoie à prendre place, ouvre aussitôt le programme. Quelques versets du Qur an (Coran) furent psalmodiés suivi d’un sermon à propos du rite.
Ensuite fut l’heure de l’engagement, l’heure de la vérité. L’heure à laquelle monsieur et mademoiselle doivent jurer fidélité devant le Saint Coran tout en répétant formellement les paroles citées par le Cadi.
Enfin, eurent lieu les deux harangues de remerciement après un monologue élogieux. Et c’est avec une invocation prononcée par le Cadi que s’achève la première phase du mariage.

Après le nikah, mariage musulman, nous nous accompagnons le mari chez sa nouvelle demeure. Elégant et svelte dans sa tunique de mari, beau comme un camion, monte les escaliers avec félicité. Arrivé devant le seuil de son appartement, nous fûmes foudroyés par un air aromatique qui se dégageait de la salle où jolies filles et dames, portant leurs plus bels atours, chantaient et dansaient le tari, danse anjouanaise. Et quand la cavalerie escortant le mari traverse le chœur, les youyous

stridents des jeunes filles comoriennes et malgaches, retentissent suavement nos cœurs meurtris par ce climat nostalgique.

Tari, danse traditionnelle anjouanaise.
Tari, danse traditionnelle anjouanaise.

Dans une autre salle, tandis que la fête fait écho au salon, s’assied la Reine de Saba. Oh ! La mariée je veux dire, mademoiselle Ansdjadiya. Belle dans sa robe de mariée, elle illumine toute la salle. Elle attendait impatiemment l’arrivée de son homme, monsieur Alaa el din. Et quand ce dernier entra, notre chère Reine de la soirée se jette sur lui et l’embrassa. Un grand vivat ballotta l’appart ! Puis ils s’asseyent sur le lit. C’est l’heure de la prise des photos amicales, familiales etc.

Au salon, on passe de tari en chigoma, une autre danse traditionnelle. Ensuite de Chigoma en bal poussière. Une folle ambiance s’empare de la salle. Mais quand le mari et la mariée descendirent dans la foule, c’est fut une ambiance singulière, de la folie pure et simple ! Comme l’avait dit André Gide : « Une foule d’individu se comporte follement. » La seconde phase des activités se clot ainsi.

Le lendemain, c’était le dîner, tenue exigée, costume, pour les gars, robe de soirée pour les filles. Enfin c’était une soirée galante. Malheureusement nous autres, nous n’étions pas avisés, mince ! Une fois sur place c’étaient les slow, zouk-love qui nous accueillaient. Tant pis pour ceux qui n’ont pas encore décroché leur brevet de chevalier. Car ils n’auront pas droit à une cavalière ! Oups !!!

Les surprises étaient de taille. De sorte que pour éviter un séjour chez un cardiologue, un poignet de convives, que je nomme les « danseurs en solo », et moi, nous nous retrouvâmes sur la terrasse en train de jouer le vigile. Bien évidemment, les célébrations pareilles n’auraient pas de sens s’il n y avait pas de surprises. D’ailleurs la danse et moi, le divorce est consommé il y a fort longtemps. Ainsi s’achève le déroulement du mariage d’Alaa el din.

Dorénavant, une nouvelle famille vient d’être née, avec tant d’amour et d’espoir. Un amour sans faille ni répits suit son cours. Un amour qui se nourrit d’amour jour pour jour. Tout se fait à bon escient. Vous savez pourquoi ils s’aiment toujours comme le premier jour où leurs regards se sont croisés ? Voulez-vous que je vous dise leur petit secret afin que vous autres puissiez en profitez aussi ?. Bah, je crois qu’il ne serait pas courtois de révéler le secret d’autrui par ici.

Avant de clore ce bulletin, je vous laisse une note sur Alaa el din et sa dulcinée. Commençons par le moraliste Alaa el din qui se distingue du moraliste Alain. Un vieil ami, un homme de cœur qui ne laisse jamais tomber les siens. Quand vous broyez du noir. Quand vous êtes sous le poids de l’adversités. Il trouve toujours les mots pour vous faire sortir de l’impasse. Jamais des propos sarcastiques ne sortent de sa bouche. Très rare il se met dans ses états. Je ne vous parle pas d’Alaa el din comme un ange mais plutôt comme un sage.

Quant à la mariée, une sublime créature, avec une voix angélique, elle est aussi avenante que son mari. Vous pouvez lire sa générosité qui se dessine entre son regard et son sourire. Et quand elle vous parle, vous vous sentez si paisible qu’aimable. Elle est reconnue par sa sympathie qui sort de l’ordinaire.

Ce n’est peut être pas le couple parfait sur cette terre. Mais plutôt le couple satisfait ! Que du bon vent dans la vie d’ici bas et dans celle de l’au-delà !!!

Un tout petit conseil fraternel, Ne prenez pas si vite une décision irrévocable quand un vent de liesse couvre votre toit. Car certaines décisions prises dans l’allégresse, peuvent tourner au vinaigre si celles-ci ne sont pas repensées. Prenez votre temps et pensez-y très bien !

 


Un œil sur l »EI (Etat Islamique) et l’Islam

Mais qui suis-je pour avoir voix au chapitre sur ce dit « État Islamique » ?  Suis-je un Calife ou un Mollah ? Ou plutôt faudrait-il être un Mufti ou un Imam pour étaler son avis ? Et ben ! Aucun de ces titres ne m’est proche. Je suis tout simplement un « Samba Diallo » de l’autre bout du monde !
Bref, grandi dans une cour où on apprenait traditionnellement la lecture du Saint Coran. Je suivais simultanément l’école française et l’école coranique, différente de celle du maître Thierno.
Un parcours légèrement similaire de celui de Samba Diallo dans l’Aventure ambiguë.

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Compte-rendu de la conférence du 8 octobre à l’Espace-Bernanos sur l’État …
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Étant musulman, quelque chose m’échappe! L’Islam, comme nous enseigne le nom, est une religion de Paix, de stabilité, d’indulgence et de clémence. Elle fut tristement transformée, par certaines figures malévole, assoiffées de pourvoir et de vengeance, en une religion « belliqueuse», pour certains. Et pour d’autres c’est « l’incarnation du mal, sinon l’ombre de la mort ! ».

La violence n’est jamais la bonne voie pour arriver à une éventuelle fin. Elle ne fait que répandre la haine et rendre les hommes rancuniers. Recourt donc à la violence pour prétendre convertir des gens en islam, revient à les en faire fuir. Prêcher la foi islamique avec modération et discernement et non avec cruauté. Car cette dernière est un signe de lâcheté et d’abrupt. Et seuls les minables optent pour celle-ci.
Même quand Dieu avait envoyé Moïse et son frère Aaron pour aller ratiociner Pharaon (Ramsès II), Dieu leur avait dit de s’adresser à ce dernier avec sagesse et des paroles douces. Peut être celui-ci se pliera ou il aura peur. Une preuve capitale qui corrobore la douceur et la velouté de l’Islam. La transgression ne laisse que regret et disgrâce.

Faudra-il tuer combien d’innocents pour en convertir combien ?
Ouvrons grand les yeux et regardons ce qui se passe en Libye, Syrie. Et voilà l’Irak qui sombre davantage dans les entrailles des précipices. Les pays du sahel en proie de la dite AQMI ! Sans parler du « fameux secte de Bokoharam » . je me demande quand est-ce que ces « Jihadistes » décideront de désister leur atrocité.

Le plus grand combat de l’homme, le vrai Jihad, pour être plus précis, est la lutte contre ses instincts démoniaques, ses agissements, son hostilité à l’égard des ses semblables. Se battre pour l’intérêt de tous. Mais aussi combattre le mal par les moyens à bord. Tout comme combattre ce Deach qui asservit nombre du peuple irakien et en extermine une bonne partie ! Ce Deach que je condamne, fermement haut et fort, leur vandalisme! Ce Deach qui offense des personnes inoffensives, me fait froid dans le dos.

Tuer des innocents, piller, violer, massacrer n’est point musulman. Ôter donc la vie de qui que ce soit parce qu’il refuse de se convertir en Islam est un crime abominable. Déstabiliser la conscience de tout un peuple, de toute une nation, semer la terreur, pour instituer un « Etat Islamique », porte à criminaliser la religion musulmane.

conséquemment, ceux qui ne savent pas grand chose à propos de l’Islam, l’associent rigoureusement au mot terrorisme. Partant, l’homme barbu est honni partout où il se trouve, de loin ou de près. La femme voilée est « avilie », nuit et jour, vertement et ouvertement, dans tous les azimuts. Récemment, voire l’insolite qui s’est produit à l’Opéra Bastille !

En 1982, décision est prise de construire un nouvel Opéra à Paris.  lamomiedepaques.com
En 1982, décision est prise de construire un nouvel Opéra à Paris.
lamomiedepaques.com

Pire encore, il suffit de prononcer le mot Allah, à la place de Dieu et tout le monde crie : « Sauve qui peut ! », S.O.S ! Et nous autres, nous sommes « victimes » de nos patronymes, dans nombre de pays. Mille cameras te surveillent de près et deux milliards de regards apeurés se jettent sur toi. On ne sait jamais si tu portes une bombe!!!! Mince !
Chaque jour, plusieurs âmes trépassent de famine et de maladies. Tant pis ! Cela ne suffit pas. Il faut des armes et des bombes pour occire massivement et rapidement l’être humain. Ne serait-il pas mieux si ces Jihadistes subventionnaient ces pauvres gens. Par preuve de charité, un pilier fondamental de l’Islam. Malheureusement, au lieu d’accomplir cela, ils dilapident des millions de dollars pour acheter tout un arsenal militaire, pour décimer villes et villages et extirper ceux et celle qui y habitent.

Nous,Musulmans, qui devrions faire preuve de bonne conduite, d’affabilité, de générosité et de magnanimité quoique provoque les cabales de certains extrémistes de différentes religions. Nous voici s’exposer au plus vils préjugés à cause de notre comportement malveillant!

Si le monde ne ménage pas sa peine pour trouver une remède contre le virus Ebola. Je crois qu’il devrait faire autant contre le « virus » antiterroriste. Pourvu que celui-ci n’est pas si contagieux comme les autre maladies. Bien que la contamination se fait par la voie de cette maudite bactérie pathogène dite la haine

Le vingt-unième siècle est mal parti. Depuis les événements du onze septembre, le monde est au bord d’une troisième guerre mondiale. Nous sommes tous conscients du début du vingtième siècle et les événement qui se sont découlé par la suite. J’espère que l’histoire ne se répétera pas. Les hostilités et les tensions qui montent d’une manière constante risque de basculer le le monde vers une veillée cauchemardesque. Que Dieu nous épargne de cela, Amine !


Le Grand Baïram ou la fête de la Tabaski

 

Autrement dit la fête des moutons, cette célébration qui prit racine à l’époque du Prophète Abraham, père des Messagers. Quand celui-ci avait reçu l’ordre, par preuve divine, d’immoler son propre fils Ismaël. Une épreuve si pénible et térébrante à sur monter. Or lors de l’intercession, ce dernier fut remplacer par un mouton. C’est en cette péripétie qu’à vu le jour ce culte commémoratif. Une liturgie grandiose qui fait partie des rituels du pèlerinage. De la sorte, la coutume veut qu’on égorge un mouton, une chèvre, un bœuf, chameau….

balladeegyptienne.blogspirit.com
balladeegyptienne.blogspirit.com

La Eid el Adha dite la fête de la Tabaski, se célèbre le neuvième jour du mois de pèlerinage, Dhou al-hijja, dernier mois du calendrier musulman. C’est la seconde fête officielle de la religion musulmane, après le Petit Baïram connue sous le nom de Eid el fitre. Celle qu’on célébré à la fin de mois du Ramadan.

 Mais quand tu es étrange dans un pays étranger. Tout se passe étrangement. Pourvu que ce ne soit pas tragique. Après la prière de l’Eid, tout le monde se ruent vers les boucheries pour accomplir le rite. Quant à nous autres, on se dépêche pour rentrer chez soi. Tout en ayant espoir qu’un voisin généreux vint taper à la porte et vous donne quelque grammes de viande. Mais cela ne se produit très souvent que dans nos rêves.

Allongé sur mon couchage, j’ouïs les bambins du quartier en train de fredonner une comptine toute la matinée. Ainsi une souvenance d’une vingtaine d’années auparavant refit surface . J’ai commencé donc à remémorer cette réminiscence jusqu’à m’endormir. Laissez-moi vous conter comment on célébrait le Grand Baïram à la comorienne.

Quand la viande passe aux casseroles, c’est la fête au village. Les enfant chantent et dansent. Un événement rémunérateur.Chez nous aux Comores, comme le non l’indique bien, «  au coin mort », tout est inaccoutumé. Et comme on n’ a point de bétail. On ne fait que tirer de nos maigres poulaillers, un coq, s’il en a, sinon une poule, hâve et émaciée jusqu’au dent. Oh ! Comme si les poules ont des dents hein ! Pour le sacrifice. La joie était immense dans la cour. On va manger de la « viande » !

A la veille du jour de l’Eid el Adha (Le Grand Baïram), on ne dormait pas. On veillait toute la nuit à coté des nos mamans qui travaillent dur pour les préparatifs de la fête. Elles changent le décor de la maison, repassent nos fringues et décrassent nos tongs. C’était l’allégresse qui empâtait nos cœurs et renflait nos ventre.

Dès l’aurore, nous prenions la douche avec de l’eau tiède et nous nous rendîmes à la mosquées pour attendre l’heure de la prière d’el Fajr (prière de l’aube). Dévorés de fatigue et de sommeil, après une nuit bleue, pour ne pas dire une nuit blanche. Nous sommes à bout d’énergie et on commençait donc à somnoler. Mais quand l’imam arrive, nous nous mîmes à lui passer le Salam! Après nous avoir répondu par bonté d’âme, le muezzin, lance l’appel à la prière d’el Fajr qui succède celle de l’Eid, deux heures plus tard. Ainsi commence une journée de réjouissance et de liesse.

mouvida.com
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A la sortie de la mosquée, frères et cousins, sœurs et cousines, nous faisions le tour du village. C’est le jour propice pour une visite familiale. Accompagnés des fois par nos pères, ou tontons, ou tout simplement par l’aîné de la maison, on commençait à rendre visite papys et mammys, paternels et maternels. Ensuite on passe chez tantes et tontons qui ont un toit. Puis on faisait un tour chez les voisins. Avec nos sachets bourrés de bonbons, de galettes et de madeleines, nous rentrons enfin chez nous.

Nous prenions le petit déjeuner à fond de train. Puis nous sortîmes dare-dare pour ne pas rater le premier film affiché à l’entrée de « la salle » mesquin du quartier. Dans la salle, les yeux rivés sur un petit écran à tube cathodique, c’était le brouhaha qui nous gouvernait. On ne supportait même pas quelques secondes de conversation. Tout ce qui nous animait, c’était de voir les acteurs passer en action. Le bruit des mitrailleuses, le boom d’une explosion et les sons onomatopéiques d’un coup de point.

Quand le soleil fut au zénith, on retournait à la maison pour déguster notre délicieux coq avec du riz. Après quoi nous nous rendions dans les places publiques pour participer ou assister aux activités ludiques et sportives jusqu’à ce que la nuit nous surprenne. On rentrait donc à la maison, exténué et harassé, jambes et pieds aplatis. On prend jute une douche et on dort comme des nouveaux-nés ! Ainsi passait la fête de mouton ou plutôt de poules en version comorienne. On était fier comme un coq mais pas celui qu’on immolait!

 


L’Afrique noire, sommes-nous damnés ou condamnés?

Sida, Malaria, guérilla, Choléra, Ebola and so on! Des maladies mangeuses d’homme déciment l’espèce humaine, depuis le ventre de sa maman et la poursuit tout au long de son séjour sur terre. L’Afrique, mon cher continent, si ce n’est pas les guerres, c’est les épidémies et les pandémies qui nous pourchassent de cette terre à jamais. Je me demande si c’est en raison de notre situation géographique ou c’est plutôt un problème d’ordre écologique. Je n’en sais pas trop. Peut être les doctes m’en diront plus.

faux plan mais vrai labo. ‹ › « vieuxvolcan.com
faux plan mais vrai labo. ‹ › «vieuxvolcan.com

Après un passé douloureusement tumultueux, l’orage suit son cours en Afrique noire. Comme si nous sommes naturellement des décombres à déblayer!
Depuis, avant et après les dites «indépendances», qui nous ont laissé qu’estropie et paralysie. Notre « médiocre » continent continue à faire fausse route. Faut-il attendre encore quelques siècles pour que nous nous mettons sur les rails?

Ari, les temps sont révolus. Oui c’est ce qu’on dit mais nous les Africains, pffff!!!! On préfère se plaindre que se battre. Nos pères fondateurs des indépendances nous ont laissé une feuille de route aussi nébuleuse qu’obscure. Et leurs successeurs ont spéculé sur cette atmosphère si nuageuse pour trépigner le peuple. Despotisme, régionalisme, népotisme et la liste me fatigue! Ainsi la haine prit ses racines et nous voici noyer dans les abîmes les plus effarants.

Malaria patients africacallingus.blogspot.com
Malaria patients
africacallingus.blogspot.com

Quand on parle des pays du tiers monde, on se réfère au continent noir et certains pays asiatiques. Cependant, ces derniers sortent du noyade peu à peu! Pendant que nous battons les records en bactéries pathogènes!

Tant d’épidémies que d’épiphyties font surface en Afrique noire. Pourvu que les épizooties nous épargnent pour le moment. Est-ce que c’est de notre faute? Et ben la réponse est OUI!!!

Oui en ce sens que nos attentions se focalisent en des choses futiles. tout le monde veut accéder au pouvoir pour remplir ses comptes dans les banques suisses! L’Afrique possède tout ce qui s’avère pactole pour redémarrer la machine économique. Mais la soif du pouvoir nous divise, au lieu de s’unir pour le bien de tous.

Le continent possède aussi des gisements de gaz naturel et de pétrole.
Le continent possède aussi des gisements de gaz naturel et de pétrole.

Oui en ce sens que nos «honorables» dirigeants ne font que battre le pavé, à Addis Abeba et ailleurs. Au lieu de suivre la voie royale.«A trop demander sa route, on finit par n’y voir goutte.» Hein!!

Oui en ce sens que dans nombre de pays de l’Afrique subsaharienne, l’Education laisse à désirer. Alors qu’on parle constamment des problèmes que connaissent l’Enseignement et la Santé, dans le continent noir. Plus l’Education passe au second plan. Et plus l’analphabétisme joue son rôle et en voici les conséquences. Selon moi, je ne vois qu’une seule issue. Miser nos pécules sur la voie éducative au préjudice de l’analphabétisme. Et nous verrons que toute semence de bonheur qu’un chef d’Etat, digne de ce nom, aura semé, germera et accroîtra dans des meilleures conditions. On pourra donc songer à une marche sur Jupiter!

Pour ériger un édifice, il faut un socle, un soubassement, un fondement. Jeunesse africaine, chômeurs et blogueurs, diplômés et engagés, intellos et mégalos, je sais que nous sommes nombreux dans les rues à vadrouiller à longueur des journées. Au lieu de bayer aux corneilles, unissons nos forces et combattons l’illettrisme. nous verrons donc que la prospérité vaincra sur la pauvreté!

Afrique, ma douce mère! Mère de l’humanité, mère de toute affection et de passion maternelle. Mère de toute violence outrance. Mère de la pauvreté mais aussi de la beauté. Mère de la couleur et de la douceur! Mère de la chaleur et de la fraîcheur. Mère de l’humidité et de l’humilité. Mère de misères et de guerres qui ne cessent guère!Tu as assez enduré tant de souvenirs amers. Quoique tu possèdes toutes saveurs sauveurs des matières premières! Les catastrophes de tout genre, frappent à ta porte car tu te montres fragile dans ton sol à couleur d’argile. Afrique, là où chantent tempérant et griot, il est donc grand temps que tu présentes tes adieux aux maux qui consomment ton énergie et consument ta beauté enviable et sans égale! Réveilles-toi Maman et montre-nous que tu n’es ni damnée, ni condamnée. Tu es juste blâmée de ta couardise et de ta servitude.


Gaza, l’extinction d’un peuple sans défense

Depuis que le monde est monde, la Palestine ne connaît que l’escalade de la violence. Une question qui fait honte à l’ONU! Cette partie du Moyen-Orient dite la Terre sainte est devenue éternellement un espace brumeux. Ce qui « empêche » peut-être, aux observateurs des Nations unies, ceux qui jouent le gendarme universel, de voir de plus près la virulence de l’hécatombe !

Raids israéliens sur la bande de Gaza Palestine. webdo.tn
Raids israéliens sur la bande de Gaza. Palestine.
webdo.tn

La mort s’invite quand il est grand temps! Mais ce qui se passe à Gaza est une autre chose! Durant plus de deux semaines seulement, on compte plus de six cent quarante victimes! Sans compter les blessés par millier. Et les Nations unies n’envisagent que des « pourparlers ». Question d’accorder encore du temps à l’État israélien d’en finir avec les orphelins et veuves, puisqu’il ne reste que ceux-là. Mon œil !

On dirait plutôt la « peste » et non la Palestine! Sinon l’État israélien n’aurait pas le droit « d’éradiquer ce fléau » avant que ce ne soit trop tard.

L’aviation israélienne pilonne avec sang froid la région de Gaza. Une pluie torrentielle de missiles s’abat donc sur le sol palestinien. C’est le déluge là-bas, le tonnerre gronde sans relâche. Et la fameuse Ligue arabe attend patiemment et paisiblement les ordres de leur « commandant » les Occidentaux pour ne rien faire par la suite !

L'aviation israélienne a lancé plusieurs frappes sur le sud ... lemonde.fr
L’aviation israélienne a lancé plusieurs frappes sur le Sud …
lemonde.fr

Or quand il s’agit de s’en prendre à un dit «tyran» comme Mouammar Kadhafi. Un état de crise est décrété immédiatement. Et nos « Boss »  de la Ligue arabe, les pays du Golfe, s’arrangent du côté des Occidentaux pour combattre avec fierté celui-ci. Tout en prétendant que ce dernier opprime son peuple. Après, on ne laisse derrière que ruine et haine!

Qu’est-ce qu’ils sont «nombreux» ces Palestiniens pour qu’on les exécute quotidiennement. Depuis plus de quatre décennies, il ne se passe deux jours sans entendre qu’au moins un Palestinien a été tué et plusieurs autres blessés. Alors pour en finir avec, on passe en mode génocide! Mais ce terme est loin d’être évoqué! Bien que les raids israéliens n’épargnent personne, filles, femmes, enfants, vieux et vieilles!

Les blessures et les corps déchiquetés témoignent de la volonté ... ism-france.org
Les blessures et les corps déchiquetés témoignent de la volonté …
ism-france.org

Je me demande quand est-ce qu’on cessera d’abreuver le sol palestinien de sang de centaines d’innocents ! Certes, c’est une terre sèche, est assoiffée d’humidité. Mais cela n’est pas une raison qu’on la verse à boire, du sang encore et encore. Elle finira par en avoir marre, à force de la servir le même menu tous les jours!

Le dossier renfermant la question de la Palestine, une affaire qui fait mouche, est quasiment mis aux oubliettes. Tandis que des milliers et milliers des adolescents et adultes trépassent sur place et d’autres croupissent dans les prisons israéliennes. Et tristement celles-ci deviennent sans doute leur mouroir !

En effet cette question est une feuille de route tracée par les Occidentaux, en parfait accord avec le « monde arabe »! Genre chantage, rien de plus. Voilà pourquoi l’ONU a du mal à trancher pour stopper ce bain de sang!

Il se peut que «la première règle du journalisme c’est de dire la vérité et faire honte au diable!» Malheureusement, ce n’est pas le cas. Les médias occidentaux, comme ceux du Proche-Orient, déforment sciemment et constamment la réalité de ce qui s’y passe. Chacun diffuse les informations à sa guise. Ainsi on a diverses versions.

De même l’histoire qu’on nous a racontée et qu’on relate encore est loin d’être véridique!

Comment peut-on soutenir aussitôt une insurrection, pour ne pas dire une révolution, dans un tel ou tel pays, et négliger tout un peuple qui réclame sa liberté depuis une éternité ?

« Ne danse pas parce que la case de ton voisin a pris feu. Joue plutôt le rôle d’un sapeur-pompier et aide ton voisin à éteindre l’incendie. Car tu ignores quand est-ce que ton tour viendra. » dit un proverbe de chez nous.

Soyons honnêtes et impartiaux! Luttons contre la violence, l’oppression, où que nous soyons et quoi qu’il en soit. Prônons la paix, rien que la paix et on verra que l’amour prendra le devant!

 


Le mois de Ramadan, un mois pas comme les autres

Quand on parle de mois du Ramadan, on parle de quatrième pilier de l’Islam. Ce mois sacré est le mois de la piété, de tawba (repentir), d’invocations, de clémence, de rappel, enfin c’est le mois de rapprochement du croyant à son Seigneur.

Ce mois béni, censé nous remettre sur les rails, pour ceux et celles qui ont «déraillé». Ce mois exceptionnel qui devrait nous servir de bon exemple à une bonne conduite. Ce mois qui réveille le muslim (musulman) de son égarement…
Hélas, le mois de Ramadan est devenu, pour les uns, le mois de business, le mois de commerce et de recouvrement!

sosieté-marché, comme à l'accoutumée, le mois sacré de Ramadan...
sosieté-marché, comme à l’accoutumée, le mois sacré de Ramadan…

Au marché, comme au supermarché, ici comme aux Comores, fruits et légumes doublent voire même triplent les prix. Cependant le mois de Ramadan est un mois de consommation, les détaillants saisissent donc cette opportunité pour faire fortune. Ainsi les prix des produits de premier nécessité s’élèvent un peu plus haut que la Tour Eiffel. Et malheureusement cela devient communal que normal.

Ce mois sacré est aussi le mois de shopping ou plutôt de casting! Tellement les jeunes filles traînent devant les vitrines des magasins que ça donne l’impression qu’on assiste à un défilé de casting!

Pendant les premiers jours du mois sacral, les mosquées sont à foison. Filles et fillettes, garçons et garçonnets, jeunots et adultes s’y abondent! D’ores et déjà, on compte plus de dix jours depuis que le mois noble nous a passé le salam. Et tout ce beau monde s’est éclipsé. Il ne reste que papas et papys and mamans mammys. Et c’est pareil partout, tout comme chez nous d’ailleurs. Il faut attendre un vendredi comme aujourd’hui pour que les mosquées fourmillent de casaniers.

Le mois de Ramadan est un mois d’activités. Presque toutes les rues et ruelles sont animées, agrémentées. Et sur les shibbek (fenêtre en arabe) aux balcons, on voit bellement briller de  sortes de petites lampes typiquement arabes. Et partout l’ambiance est au rendez-vous!

Ramadan Prep by Wesam  Kerayem.fr muslimvillage.com
Ramadan Prep by Wesam Kerayem.fr muslimvillage.com

Nos coeurs sont remplis d’amour et de bonhomie! On s’entraide mutuellement. La compassion prend le devant.Dans la soirée, c’est l’heure de rassemblement en famille. Selon la coutume en vigueur dans certains pays comme le nôtre, on a le plaisir d’inviter les amis, les collègues pour prendre ensemble le Iftar (repas qu’on prend pour rompre le jeûne ou tout simplement le petit déjeuner).

Si le dicton nous apprend que dans la nuit tous les chats sont gris. Et ben! Je vous dis donc que pendant le mois de Ramadan, c’est l’inverse, certains musulmans deviennent gris dans la journée! Ils changent de fringues du matin au soir.
Je me demande si Allah n’existe que pendant le mois de Ramadan!!!!

Par ailleurs, le monde contemporain se veut moderniste et démocratique! On assiste alors à des réclamations irrévérencieuses et fatales à l’égard des institutions religieuses. Moult jeunes d’aujourd’hui, sevrés et tentés de tout, demandent beaucoup trop. Pour se faire, ils s’appuient sur la dite liberté «individuelle», pour se permettre de tout faire.

On voit aujourd’hui des jeunes «musulmans», pour ne pas dire «croyants» qui s’insurgent contre les institutions islamique et veulent manger et boire en toute liberté pendant les heures de jeûne.

Ne serait-ce pas la même demande en parlant des mariages homo? Je n’ai pas lu tous les livres célestes. Je ne suis ni imaman ni vicaire et encore moins un sainteté. Mais j’ai la conviction que ni dans la Torah, ni dans la Bible, ni dans le Coran, l’homosexualité n’a été légitimé!

Mais comme la tentation nous dépasse largement. On veut ari briser les «tabous». On commence par banaliser petit à petits certains pratiques blasphématoires et impies. Puis on légitime ce qui est prohibé par la morale pour ne pas évoquer le terme religion!

A la manière dont on évolue, je crains que d’ici le lendemain, il y en aura ceux qui demanderont audacieusement en mariage à leurs propres sœur! On a déjà vécu le scandale au Zimbabwe. Quand une mère voulait épouser son propre fils, père de son enfant. Ce qui est déjà un début!!!


La réalité des grandes villes

A Tsembehou, une « bourgade » qui se veut ari «ville», je m’étais convaincu que je vivais à Boston ou plutôt à Manhattan ! J’ai quand même droit à une rêvasserie non hihihihihihi !

lower Manhattan- nyc-architecture.com
lower Manhattan- nyc-architecture.com

Loin des dites agglomérations, au fin fond de toute « modernité ». Dans cette région de la cuvette, au coeur de l’île d’Anjouan, délimitée par des montagnes plus hautes que ces immeubles qui m’entourent et me contournent. Je me sentais en sécurité. J’étais un gamin comblé de joie.

Là-bas, ce n’est pas «la belle vie» mais plutôt la belle vue ! Coupure permanente d’électricité. Et quand la nuit tombe, la fumée des lampions nous brûle les yeux. Alors on se frotte jusqu’à s’endormir. Ainsi on a toutes et tous les yeux marron !
Pour moi, le monde se limitait autour de ces milima (montagnes). Et c’était pour moi la belle vie ! En dehors de toute ari réalité urbaine.
De mon départ à Moroni, pour la première fois, d’emblée je fus ahuri par une réalité choquante et froissante. Face à la conduite de certaines personnes. Médisance, délation, insinuation, diffamation et j’en passe!! Mais surtout ce qui m’a beaucoup commotionné, c’est la flouterie de ceux qui se prennent pour des « diplomates », mon œil !
Comment des personnes « dignes de Foi » peuvent se comporter ainsi ?
Tant pis! Ailleurs je verrai mieux, dis-je naïvement!
Des mois ont passé, j’ai pris donc Air Yemenia, cet airbus que les Comoriens nomment ari «cercueil volant ». Suite à un crash, au large de la grande comore, faisant cent cinquante-deux victimes, en 2009.
Heureusement que nous autres, on est arrivé au Caire, indemne, Dieu merci !
A la sortie de l’aéroport, surpris de ces véhicules qui roulent de tous les sens, coup de frein furieux, klaxon par-ci par-là. Sidéré de ce vacarme effrayant, mon cœur battait la chamade !
Ahlan wasahala fi Masr ya Akhi, « bienvenue en Egypte frère! » Dit mon frère, venu m’accueillir à l’aéroport avec un ami. Sous l’emprise de cette évidence cinglante. Je répondis : « Merci frère! » Mais dis-moi, comment faites-vous pour supporter ce baroufle?
Affichant un air souriant, il me répondit : « Tu n’es plus à Tsembehou frangin où tu peux siester au beau milieu de la route sans qu’une motocyclette te réveille. Ici, tu es en Egypte. Et ce n’est pas l’Egypte antique, celle dont on nous a parlée à l’école. C’est l’Egypte moderne, tu vas donc apprendre tant de choses ici. » Et quand je dis ici, c’est ici, dans les rues, au marché, à la mosquée, tout comme à la fac ! Ajoute-il.
A l’arrivée à Dar el- Malak, un quartier populaire cairote, je suis abêti par le gémissement des chevaux des vendeurs ambulants. Mais aussi de la façon dont les gens devisent dans les rues. Enfin on ne fait que « brailler ». Quand la nuit tombe c’est le théâtre de toute sorte d’activités citadines. On dirait le carrefour des dealeurs, du coup les agressions paraissent coutumières.
On apprend bien des choses en ville, aussi bonnes que mauvaises. Mais celui qui sait faire le tri, en profite tant.
Mon séjour au Caire a fait de moi un Candide voltairien. J’ai débarqué à Alexandrie, par espoir de passer de Candide à un Fréderic Moreau ou plutôt à un Eugène de Rastignac. Tristement, je suis devenu « Huron », L’Ingénu !
Récemment, lors de la formation Mondoblog à Abidjan, cette ville à vocation européenne, j’ai eu la chance de fouler le sol de mes aïeux. A Grand-Bassam, notamment à l’hôtel Tereso, là où nous, Mondoblogueurs et Mondoblogueuses, avions déposé nos bardas, la réalité était plutôt culturelle, factuelle qu’intellectuelle!

Venant de différents horizons, on était comme des frères et sœurs! Durant ce stage d’apprentissage et de partage, j’ai appris la saveur et l’appétit des villes lointaines. Cependant, j’aperçois Grand-Bassam, tout comme Abidjan, comme ville cosmopolite, une ville beaucoup plus ouverte!

Nonobstant, cela n’exclue pas les tics des grandes villes, à savoir, l’arrivisme, matérialisme, chauvinisme et la liste est longue. En ville, il n y a pas de place pour les «mauviettes ». Sinon ils ne seront que des miettes.
Moi, « Huron« , je crois sur parole tout ce qu’on me ragote. Je fais confiance à tout le monde, quoiqu’on me déçoive! Ari, je ne crois pas au mensonge.

 

Face à l’adversité urbaine, tout le monde se montre méfiant.
Auparavant, je pensais que la ville était mère d’entraide, de fraternité et de mutation! Une fois sur place, la réalité m’échappe. Je ne vois que des gangs, des aigrefins et surtout plein de filous. La ville n’est qu’un monstre froid qui nous métamorphose de gentleman en crazy man. Et la vérité est que les grandes villes sont dépourvues de solidarité. Pour y vivre, il faut avoir un cœur de pierre. La solidarité n’a pas de place. « Chacun pour soit Dieu pour tous. »
Toutefois, ici, la disgrâce m’a appris que «la vie est un engagement à vie. Sinon c’est elle qui nous engage en vain!» Vivre en ville, c’est donc se jeter dans une curée sans faille ni repu.

 


Au-delà des frontières physiques !

L’Homme avec son ego, son attitude à voir autrement les choses, ses tendances à dominer son semblable. L’Homme cherche davantage des « pouvoirs surnaturels» et des moyens surhumains afin de prendre le devant de la scène.

Lors d'un meeting en 1935
Adolf Hitler lors d’un meeting en 1935, Tufan/SIPA

Venu au monde, tout nu, tout rabougri et tout vierge, l’Homme grandit tout en s’appropriant  des  caractères sanguinaires et monstrueux, comme le cas d’Adolf Hitler ! Selon l’époque, le rang social, l’entourage et l’éducation qu’il a reçue.

Il devient aussi pacifiste et tolérant,  comme Nelson Mandela, selon les mêmes causes. Comme le montrent les mots sages de J.J.Rousseau, ari : «l’Homme est né bon mais c’est la société qui le corrompt.» Dans un cas comme dans un autre, l’intelligence n’y  est pour rien! Car, selon moi, monstre ou généreux, l’Etre humain use toujours de son intelligence pour arriver à ses fins.

Nelson Mandela - Photo MICHEL CLEMENT
Nelson Mandela – Photo MICHEL CLEMENT

Revenons donc au sujet qui me tracasse la tête depuis peu.  Dans mon enfance, je pensais qu’il n y a que les limites physiques qui peuvent  faire brandon de discorde et engendrer des grabuges au sein des familles, entre communautés ou entre nations. Chez nous par exemple, vous trouverez cela peut-être futile pourtant c’est la réalité, comme nous sommes insulaires, un centimètre de terre vaut de  «l’or»! Et comme on en a que des parcelles pour cultiver les céréales, dans les régions rurales, ou pour bâtir, dans les régions urbaines, donc  le moindre élargissement ou prolongement de quelques centimètres peut provoquer des bagarres éternelles. Maintenant que j’ai «grandi», je trouve cela puéril. Vu que loin de ces confins, de ces extrémités, il y a d’autres limites, d’autres bornes spirituelles que l’Homme s’est créées. Et ces dernières limites ont fait couler et continuent à faire couler beaucoup de sang, de salive que d’encre!

 1. La Religion

Depuis que le monde est monde, la question de la religion cause des pertes abyssales dans l’histoire de l’humanité. Et malheureusement on ne fait que recourir à la violence ari pour «trouver» une réponse à ce fléau qui ronge en grande quantité l’espèce humaine et son milieu environnant. Nous nous haïssons, nous nous abhorrons et nous exterminons, tout simplement parce que nous pratiquons des religions différentes. Quelle infamie ! Quelle vilenie ! Néanmoins dans les trois religions monothéistes, on nous dit ari «nous sommes toutes et tous filles et fils d’Adam et Eve», ce qui fait que nous sommes des frères et sœurs.

Si on nous  dit donc «frères et sœurs», pourquoi  alors il y a tant de mépris que de passion? Pourquoi tant de haine que d’amour ? Pourquoi tant d’inimitiés que de sympathie ? Pourquoi, pourquoi et pourquoi ???

Combien de personnes ont péri dans des guerres dites saintes, avant les croisades, pendant les croisades et après les croisades. Regarde ce qui se passe actuellement en Centre-Afrique, au Burma, en terre sainte… Malheureusement mes piètres questions restent rhétoriques.

C’est non seulement la diversité des religions qui déclenche les guerres saintes. Mais au sein d’une même religion, la question de sectes vide, à son tour, l’homme de son liquide rougeâtre indispensable à la vie.  Et cela a vue le jour il y a fort longtemps.  La Fronde qui a eu lieu en France, par exemple en bon milieu du dix – septième siècle. La guerre quotidienne en Irak, entre Chiites et Suintes qui fait rage. En Egypte, la traque des dits ari «islamistes, les Frères musulmans»…..

Lynchage en Centrafrique - cameroonvoice.com
Lynchage en Centrafrique – cameroonvoice.com

Faut-il croire que l’Homme pourrait mettre un terme à ce carnage ? Je n’y pense pas! Toutefois je dis ari «I have dream»

 2. Le Racisme

Une autre frontière qui fait de nous, hommes de couleur, ari «victime» de tout et de rien! Depuis notre venue au monde, nous sommes terrorisés, humiliés, marginalisés… tout simplement parce que nous portons un «autre tissu» !!!

Il faut ajouter que Montesquieu,   dans De l’esclavage des nègre, eût raison de dire ceci, Ari : «Si j’avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais : Les peuples d’Europe ayant exterminé ceux de l’Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l’Afrique, pour s’en servir à défricher tant de terres. Le sucre serait trop cher, si l’on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves. Ceux dont il s’agit sont noirs depuis les pieds jusqu’à la tête; et ils ont le nez si écrasé qu’il est presque impossible de les plaindre. On ne peut se mettre dans l’esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout une âme bonne, dans un corps tout noir. Il est si naturel de penser que c’est la couleur qui constitue l’essence de l’humanité, que les peuples d’Asie, qui font des eunuques, privent toujours les noirs du rapport qu’ils ont avec nous d’une façon plus marquée. On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux, qui, chez les Egyptiens, les meilleurs philosophes du monde, étaient d’une si grande conséquence, qu’ils faisaient mourir tous les hommes roux qui leur tombaient entre les mains.
Une preuve que les nègres n’ont pas le sens commun, c’est qu’ils font plus de cas d’un collier de verre que de l’or, qui, chez des nations policées, est d’une si grande conséquence.
Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes; parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens.
De petits esprits exagèrent trop l’injustice que l’on fait aux Africains. Car, si elle était telle qu’ils le disent, ne serait-il pas venu dans la tête des princes d’Europe, qui font entre eux tant de conventions inutiles, d’en faire une générale en faveur de la miséricorde et de la pitié ?»

Montesquieu, De l’Esprit des Lois, livre XV, chapitre V [1]. 

 

Pourquoi dans un jardin on ne plante pas les mêmes fleurs ? Pourquoi pour qu’il ait vingt  – quatre heures, il faut douze heures diurnes plus douze heures nocturnes ? Pourquoi on porte toujours des lunettes, genre noires, quand on skie ???

Bref, pour qu’il ait harmonie de couleur  sur une toile ou un autre objet d’art, on a toujours recourt à certaines couleurs, voire même des écrits. Je ne parle pas ainsi pour susciter l’esprit de vengeance, mais plutôt pour prouver que nous autres, nous sommes des Etres humains comme les autres. Et qu’il ait en nous une tolérance et une bonhomie beaucoup plus épanoui ! Martin Luther King et Tata Mandiba (Nelson Mandela) nous ont montré le bon exemple! Sinon la colonisation, l’esclavage et le commerce triangulaire ont eu tort d’avoir eu lieu!

Il y a cinquante ans, Ihave dream - Jacques-lecomte.fr
Il y a cinquante ans, Ihave dream – Jacques-lecomte.fr

Pour afficher un agréable sourire, il faudrait avoir un visage «ébène» et des dents toutes blanches hihihihihi !

Par ailleurs, le racisme ne se limite pas entre «Black» et «Blanc», mais il étend sa haine et ses bornes entre Asiatique et Européen, entre Arabe et Européen ou Américain!!

Aura-t-il un jour où l’Homme dépassera cette idée fixe ??? Je n’y pense pas !!! Toutefois je dis ari «I have dream»

 3. L’inégalité homme/femme

Machisme, misogynie, phallocratie, sexisme, pour ne citer que cela !

En dépit des efforts déployés par plusieurs organismes qui œuvrent contre «l’inégalité de sexe» on a toujours du mal à accepter la femme comme notre «équivalence». Tant de poste lui sont privés quoique quelques pays soient gouvernés par des femmes. Dans beaucoup d’autres, la femme reste en marge de toute activité culturelle ou politique. Par conséquent, celles qui se montrent dissidentes, subissent des graves peines. D’autres meurent en se rebellant contre certaines exigences qu’on leur impose. Comme le mariage précoce et /ou forcé.

https://www.youtube.com/watch?v=RaA06ervFRg

Dans de nombreux pays africains et asiatiques, par exemple, la femme est conçue comme «machine» à faire des enfants, à assurer le ménage et surtout à rester au foyer. Et ce qui est partial dans tout cela est qu’on ôte aux jeunes filles le droit de les inscrire à l’école. Ce qui est une catastrophe!!

D’autres limites se tissent au sein de la société et brisent tellement de cœurs. Les différences entre les classes sociales, les conflits ethniques, les complexes d’infériorité et de supériorité entre villageois et citadins……

Faut-il rêver qu’un jour l’Homme parvienne à transcender ces bornes? Je n’y pense pas! Toutefois je dis ari «I have dream» !


Enfant de la rue, fils de la misère !

La rue qui m’a enfanté deviendra sûrement ma tombe. Mais avant de vous parler de ma rue, de ses contours et de ses impasses,  laissez-moi rendre hommage à la femme dont on a récemment commémoré la Journée.  Mondialement, on vient de fêter ari la Journée internationale de la Femme. Cette femme source d’humanité ! Source d’humanisme. Une journée qui, selon moi, devrait faire l’unanimité au sein des hommes. Une journée qui vaut autant que la célébration des fêtes des Indépendances. Ces belles et sacrées créatures , matrice de la vie et du vivant, sans elles, l’humanité serait close men zamaan(depuis très longtemps). Malheureusement, cette journée pas comme les autres n’a jamais eu le mérite qui la sied.  Notamment dans les pays en proie aux guerres, à toutes sortes de maladies rongeuses de vie, à toutes sortes de corruption. Ceux-là mêmes où les droits de la femme sont réduits à néant. Ces pays dits ari «Tiers-monde»! Bon sang ! je dirais plutôt les pays du cratère-monde ! Vu que dans ces pays, rien ne progresse, rien n’avance, rien n’évolue au bon sens du terme. Enfin, tout glisse au fond d’un cratère.

Volcan en éruption (c)gentside.com/
Volcan en éruption (c)gentside.com/

 

Et en savons-nous tous la suite. L’éruption et les maux qui en découlent. Voilà pourquoi tout va à l’envers du développement dans nos pauvres pays. Pour nous encourager à continuer ainsi, on essaie donc d’atténuer le sens du terme, ari, «pays en voie de développement ». Oui, on espère bien que nos pays soient sur la bonne avenue pour le développement, bien que nos dirigeants, eux, préfèrent qu’on reste dans la cloison de la misère. Laquelle misère source de leurs pactoles.

Revenons donc au sujet de cet écriteau. Ari, les enfants de la rue. Mais d’où sort cette attribution! Quel génie a eu ce «beau titre» ! Je ne sais pas !!! Et comme je n’en sais rien, je ne sais quoi dire !

Ces âmes pleines de vie, que de vue ! Ces mômes victimes de leur présente vie, victime de leur sort, mais aussi victimes de leur avenir, vivent et meurent dans les rues sans que quiconque se soucie d’eux ! Mais d’où ils viennent ? Et pourquoi se retrouvent-ils dans les rues ?

https://geopolis.francetvinfo.fr/
© AFP PHOTO / MOUSSA SOW

Moi, fils de la rue, fils de la  misère ! La rue qui m’a enfantée deviendra sûrement ma tombe.

J’habite l’Afrique noire continentale. J’ignore de quel pays suis-je originaire. Comme je suis analphabète, tout ce que je sais c’est que je suis Africain. Je n’ai ni nom ni prénom. Je me trouve dans la rue depuis l’aube de ma naissance. De père inconnu et de mère méconnue !!! Pendant la journée,  je traîne par-ci par-là, sur les routes désertiques de je ne sais où , tout en espérant qu’une occasion se présente pour dérober le porte-monnaie ou le sac d’un (e) passant (e). J’ai grandi dans cette immense misère qui fait de moi un vrai «bandit». Je rôde les nuits dans l’ espoir de trouver de quoi manger.

© AFP PHOTO/MACKSON WASUMUNU
© AFP PHOTO/MACKSON WASUMUNU

Un «bon jour», je me suis fait enrôler par un chef rebelle. Dans un camp de disgrâce, entouré de bande de racailles, je suis fier de moi-même. Quel que soit l’âge que j’aie, j’obéis aux ordres du «Boss» comme un larbin. Je sniffe, puis je prends mon kalachnikov. Je pille, je tue, je viole…  avec sang-froid. Et rien ne peut m’arrêter quoique je triomphe !

Je crois que c’est de ces exactions que je suis venu au monde. Alors la rue qui m’a enfantée deviendra sûrement ma tombe.

Et toi mon  congénère de l’Afrique maghrébine, que fais-tu d’extraordinaire ?

Moi, enfant de la rue, fils de la misère !

On me nomme «baltagui», à cause de mes actes et desseins, scélérat, voyou, filou…  Appelez-moi comme vous voulez. Tant que cela n’avilit pas mon honneur , je n’ai cure de vos appellations. J’ai grandi dans les rues polluées du Caire. Sous la chaleur estivale ardente, je m’assois par terre et j’essaie d’apitoyer les passants. Sinon je quémande des sous. Quand la nuit tombe, sous la lumière sombre des lampadaires, un chant monte des ruelles de mon cœur et je me mets à danser au rythme de la faim. Ainsi, je deviens une bête de foire pour les badauds. Les quelques sous qu’on me jette comme on jette un os de mille ans à un chien errant me rendent vulnérable. J’achète du shit avec et je me défonce et me shoote davantage. Souvent, je deviens dealer de marijuana. Je viole moi aussi et je tue si les circonstances l’exigent. Mais avec du sang chaud vu que j’habite le Sahara ! C’est ce que vous autres dites ari «dommages collatéraux» , non ?

Cairo- Egypte (c) ikonal.com
Cairo- Egypte (c) ikonal.com

En hiver, je parcours le long de la corniche d’Alexandrie. Pendant qu’il fait jour, pour peu qu’il fasse froid et dans l’espoir de trouver un tunnel pour m’abriter. Mais hélas  le  parcours est à jamais bredouille. Heureusement que dans les poubelles je trouve de quoi mangeotter. Et quand vient la nuit, les éclats noirs des pétards de certaines festivités, les klaxons et les coups de frein brutaux ne me laissent pas me délasser. Je me lève donc et je poursuis la chasse !

Et toi mon homologue insulaire, de quoi endures-tu de plus ?

Moi, enfant de la rue, fils de la  misère ! La rue qui m’a enfantée deviendra sûrement ma tombe.

Moi on m’appelle, Ari des îles. Ce n’est pas le «ari» rengaine, qui veut dire «il paraît que/ il se peut que». C’est plutôt M. Ari en personne. Ce «fils des îles de la Lune» qui vit avec un espoir languissant, quoiqu’il a un «toit» et des parents. J’erre sur les rues d’Anjouan à la recherche d’une bricole qui n’existe pas. Je pars ensuite «clandestinement» à Mayotte,  dans l’espoir d’avoir «la nationalité de l’immortalité», mais là-bas ce sont les menottes qui m’accueillent «amicalement», comme si je venais de cambrioler une banque. Me trouvant à la case départ comme Fabrice Eboué et Tomas Ngijol, embarrassé et décontenancé, je perds tout espoir. Je pars donc à la Grande Comore pour aller tenter ma chance dans les «towa wurengué», business ambulatoire. Vente à la criée de nos misères à des plus misérables que nous.

Case départ avec Fabrice Eboue et Thomas Ngijol
Case départ avec Fabrice Eboue et Thomas Ngijol

Dans les rues et ruelles de Moroni, notre «muette» capitale. Et là-bas, M. Ari, un sachet à l’épaule, cinq à six objets à la main. J’arpente de long en large notre chère Capitale comme un vadrouillard. A la tombée de la nuit, harassé et épuisé, je rentre rejoindre mes kif-kif pour passer la nuit. Plus de six personnes dans un studio, en tôle, de trois mètres carrés environ. Et vous savez quoi ? Chez nous, dans les poubelles, vous ne trouvez que dalle! Heureusement qu’il n’y a pas mal d’arbres fruitiers presque partout dans les rues, dans l’ensemble de l’archipel. Ainsi lors de la saison de mangues par exemple. Je m’en régale avec parcimonie avant de descendre dans la rue.

Marchand ambulant aux Comores - (c) news-comores.skyrock.com
Marchand ambulant aux Comores (c) news-comores.skyrock.com

Il  y a un dicton de chez nous qui dit ari : «Mwana nussu ya mali», qui peut se traduire ainsi «un fils est une moitié de richesse ou tout simplement un fils est source de richesse» Un dicton qui me semble universel dans le sol africain. Non seulement dans l’Afrique subsaharienne, mais aussi dans l’Afrique maghrébine. Car là où je me trouve, sans qu’on me le dise, se confirme pratiquement l’application de cet aphorisme comme formule de mathématique.Vu que ce sont les familles piteuses et miteuses qui sont les usagers de cette formule «magique». J’ignore si c’est part mégarde ou plutôt par volonté qu’elles appliquent cela ou non.

Moi, enfant de la rue, fils de la misère ! La rue qui m’a enfantée deviendra sûrement ma tombe.

Dépourvu d’instruction, d’affection parentale et par manque d’éducation, nous enfants des rues, pleins d’énergie, censés être source de retombées économiques, censés être membres actifs de leur famille comme le concevaient, d’ailleurs, leurs parents, nous devenons source de maux pour nos familles respectives. Nous devenons les ennemis de nos propres pays ou des pays où nous habitons.

Conséquence : délinquance juvénile, banditisme, vandalisme,etc. Puis mort prématurée de leurs parents due au destin scandaleux de leurs fils. Tout comme ces derniers qui trépassent, à leur tour, si tôt, à cause de nombreuses addictions, drogue, alcool…  ainsi de suite.

Beaucoup de facteurs contribuent à ce fléau qui ronge à petit feu les sociétés des pays du «Tiers-monde». Comme les guerres par exemple, cette catastrophe culturelle présente activement en Afrique depuis la nuit des Indépendances. Filles et femmes  subissent constamment d’épouvantables viols et furent engrossées lors des combats sans compter les divorces. Tout cela expose bon nombre d’enfants à la merci de la rue. Errance, incroyance, méfiance et souffrance animent les cœurs de ces pauvres gens.

Enfant de la rue, fils de la misère ! La rue qui m’a enfantée deviendra sûrement ma tombe.

De la mendicité dont je vis, alors que vous vivez dans l’aisance !

Par terre, dehors,  où je dors, bien que vous dormez dans une couette bien faite !

A la poubelle, où  je mange, tandis que vous vous goinfrez sur la table avec la famille au fin fond du salon!

De l’eau polluée que je bois, pendant que vous buvez de l’eau potable et des boissons énergétiques !

Qu’en dites-vous fameuses ONG comme OMS et PNUD ? Et si vous construisiez des écoles et des dispensaires pour ces pauvres enfants ?  Quel serait leur devenir ?

Au lieu de venir en aide quand le mal ravage tout sur son passage. Savez-vous que les trois quarts des aides que vous destinez à ceux et celles qui en ont besoin s’envolent dans les airs !!!

Savez-vous que c’est la misère et la brutalité que connaissent ces pauvres gens qui les poussent à former les gangs, les rébellions et autres groupuscules du même acabit. Alors si vraiment  vous voulez stopper les génocides, les guerres civiles. Si vous voulez mettre fin aux viols, aux crimes abominables ainsi que toutes sortes de barbarie sen Afrique comme ailleurs, pensez aux sorts de ces enfançons.

Ari : « Mieux vaut prévenir que guérir », dit le proverbe ! Et debout, poing levé en l’air, je vous dis haut et fort que cette rue dans laquelle vous m’avez enfantée ne deviendra jamais ma tombe.

 

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Lettre d’un infidèle à sa prétendante

Un pétale de rose

Un autre pétale de rose

Un troisième pétale de rose

Et ainsi se fane mon cœur

Comme tombe le sable

Dans le sablier

Une rose (c)https://jardin-blog.com
Une rose (c)https://jardin-blog.com

 

Très chère élue de mon cœur !

Imagine un être humain enfermé dans un lieu sans oxygène. Imagine-toi sans oxygène. Ici où je survis tu es mon oxygène. J’espère que toi aussi tu respires à l’autre côté de la planète. J’espère aussi que belle-mère et beau-père se portent bien. Quant à moi, je ne saurais me sentir mieux qu’après t’avoir faite cet aveu amer. Une mer de ressentiments se déverse sur mon cœur en proie à l’amertume. Ari qui s’excuse s’accuse. Et j’avoue d’ores et déjà que je mérite le bucher puisque la grandeur de mes péchés les  rend inexpiables. Par ailleurs, devant l’échafaud des regrets où je me tiens debout mais vacillant, je formule le vœu que tu m’accordes le pardon un jour. Sache qu’ici les obstacles m’ont affaibli, m’ont abruti. En plus d’avoir des cheveux blancs, j’ai le cœur tout le temps en émoi à tel point que la magie de la cécité de Ray Charles ne me fait plus aucun effet. M’pedzi ma m’pedzi, sache qu’ici rien n’est facile ; heureusement que  la paix est guerrière , sinon les guerres civiles auraient eu raison d’elle. Ici des fois la faim me fait sortir loin de la tanière de la joie de vivre, et je n’ai que mes larmes pour casser la croûte. Heureusement que tu existes, que je te respire, que le projet de faire ma vie avec toi, auprès de toi,  me pousse à espérer. En effet, rien n’est facile quand on est un pauvre étudiant dans un pays étranger.

Le soleil se couche. Je vois des étoiles poindre dans le ciel. Sais-tu toi que j’aime que le ciel est le même partout dans le monde. Et heureusement que ce soit ainsi !  Sinon, je me sentirais encore plus seul, si seul. Oui, le ciel la nuit nous  rapproche. S’il y a des mots pour dire « je t’aime ». Il y a sûrement des mots pour dire « pardonne-moi ». Et s’il y a aussi des mots pour dire  « moi non plus ». Donc sûrement il y a aussi  des mots pour dire « je te pardonne ».

Promise, ma promise. Il me serait injuste d’écrire à la première Lady monde, sur ma liste bien entendu, qui n’est autre que ma maman,  pour lui faire l’inventaire de l’année qui vient de s’écouler et ne pas aussi écrire à celle qui la succède, à savoir toi. Je sais que tu m’aimes et que tu m’aimeras toujours. Et je sais aussi que tu vas me pardonner parce que tu es unique dans ton genre. Tu as reçu l’éducation qu’il faut pour pardonner un cœur égaré. Tu es  une fille qui sait bien faire des choix même dans les moments les plus critiques. Tu arrives toujours à faire le bon choix malgré tout. Te souviens-tu de Jackito avec son tube Je l’Aime à Mourir. En fait, je suis devenu comme ce petit morveux. Je me surprends à parler de moi à la troisième personne du singulier. Oui, à soliloquer, tu te rends compte ? Des fois je m’adonne à des sérénades devant des immeubles. Une fois c’était devant le commissariat de police. Les policiers sont venus me déloger après que j’ai fait le moonwalk. Et tout ça je le fait inconsciemment. Pauvre de moi ! J’espère que ce n’est pas l’amour que je porte pour toi qui me rends taré comme Hamlet. Bref ! Ce n’est pas de cela dont je voulais te parler. Rassure-toi, ton Naoumane n’a pas encore perdu les pédales.

Promise, ma promise. J’ai fait des choses et je continue à faire des choses qui ne sont pas faciles à dire. Et comme je ne suis pas un Joachim Du Belley qui se plaignait par des vers, je ne sais pas comment procéder. Cependant je vais tout de même me plaindre à travers ces lignes. Je sais très bien que tu vas me comprendre après que t’auras lâché quelques ruisseaux. Puisque vous les filles c’est devenue une culture chez vous d’arroser vos fronts quand il est question d’émotion ou de compassion!

Dulcinée, ma dulcinée. La solitude est une sorte de haillon que tu portes malgré toi. Tu l’enfiles tout en  attendant qu’une occasion se présente pour t’en débarrasser si vite que possible. Après avoir tenu le coup, durant plus de quatre ans, la tentation m’a tendu la main et je l’ai suivie à l’aveuglette. Ce n’est pas La tentation de saint Antoine de Gustave Flaubert mais plutôt du Grave flou-man! Pour ne pas dire Le Grave Naoumane!

Dulcinée, ma dulcinée. Je suis devenu le pire des «infidèles» sur terre. Un «chasseur de prime», ou plutôt un chasseur de la déprime, je crois. Puisque c’est surtout celle-là que je ramasse, de la dépression permanente. Je drague tout ce qui bouge. La solitude, l’outrage et le poids des études m’ont rendu un peu Casanova. Un peu j’ai dit. Ari, je tombe «amoureux» de n’importe qui et n’importe quand. Bien-aimée, si je dis «n’importe qui», c’est de filles dont je parle et non de gars. N’aie pas l’idée que je suis devenu un gay. NON, pas du tout. Pas à ce point, non ! Je sais quand même tenir «mon mal en patience». Bien que je t’ai trompée une fois, mais je te promets que cela ne se reproduira plus.  Je te jure et s’il te plait, ne me dis pas ari «Qui a bu boira.». Avec le temps, je me suis rendu compte que c’est un proverbe menteur.

Petit cœur, mon petit cœur. Rassure-toi que je parle de toi bien-aimée, mais pas de Petit-cœur du manga Dragon Ball Z.  Petit cœur, tout a commencé par internet, notamment par le biais de ce dit ari Facebook. Ce réseau social que je ne saurais ni maudire ni bénir. Dans un Mandara, un quartier populaire d’Alexandrie, cerné par le bruit des toc-tocs. Dehors. Sur le balcon. Au rythme des cris  des vendeurs ambulants de «foul», de la fève et du gaz qui te bouille le ventre. J’essayais de me reposer un peu, et hop! Les mégaphones d’autres vendeurs de je ne sais pas quoi m’ont fait sortir de mon sommeil. Ainsi,  je me suis décidé à passer mon temps devant l’écran de l’ordinateur de mon colocataire avec la promesse de draguer tous mes amis facebook affichant des profils féminins . Et à force de dire Ari « je t’aime bb » à toutes les  filles qui me passent un «coucou» en ligne, j’ai fini par me faire avoir à plusieurs reprises. En fait, je suis  tombé très souvent sur des garçons qui se faisaient passer pour des filles afin de jouer avec les sentiments des autres.

Rue de Mandara tout près du marché
Rue de Mandara tout près du marché

Petit cœur, mon petit cœur. Je sais que tu n’es pas comme «les filles d’aujourd’hui» qui courent de gars en gars. Pas pour se stationner mais plutôt pour faire une comparaison et remplir leurs listes d’amants et vanter leur palmarès. Je eu énormément de la chance d’avoir une fleur pareille, qui sent le parfum pendant la journée et le jasmin pendant la nuit. J’ai eu tellement de  chance d’avoir croisé celle qui sait attendre peu importe la saison qu’il fasse. Que ce soit du kussi ou du chikazi-kazi, elle est toujours là sous la pluie comme sous le soleil, à attendre celui qui passe de Naoumane le Gentleman à «Naoumane le grave».

Beauté, ma beauté. Je sais ari «wulindra wu hodza na roho wukodza. Bé, ari, assu biri kajutsu!» dit le proverbe comorien, qui peut se traduire littéralement comme suit : «L’attente fait souffrir. Mais celui/celle qui sait patienter ne regrette point.» Alors sois patiente comme tu l’as toujours été. Je ne veux pas abuser de ta fidélité mais sache que si  je traine par ici comme la Bohème de Rimbaud, c’est pour t’ «assurer» un avenir certain. Comme tu le sais bien qu’il n y a rien qui tient  debout là-bas au bled! Seul le chômage, l’ennui et la médisance qui assurent la permanence et le bon accueil de la majorité de jeunes diplômés. C’est pour cette raison que je tiens à aller un peu plus loin dans les études malgré le mauvais coup du destin qui ne cesse de faire pleuvoir des épines et des clous sur mon passage.

L’élue de mon cœur, j’ai beaucoup à te raconter mais j’attends me retrouver auprès de toi. On va passer toute une nuit blanche sur la terrasse de votre maison et je vais donc te conter les mille et une nuits passées loin de toi au pays des Pharaons. Comme Shéhérazade dans ce recueil anonyme de Contes dit «Les Mille et Une Nuits», entre nos chansons indiennes préférées que je te chanterai, je te parlerai de fausses Cléopâtre et de faux Ramsès. Parce qu’ici je ne croise que de fourbes et de catins. Sois patiente alors, si tu veux entendre la suite…

https://www.youtube.com/watch?v=K7r0j6NWgmo

Pendant tout ce temps, j’ai réalisé que t’es la seule à être prête à supporter mes bêtises, à souffrir avec et pour moi. Promise, ma promise. Tu sais ce qui me tue chez toi, c’est ce dosage de patience et de sérénité qui vont de pair avec ton tempérament. Je ne parle pas de toi comme un ange mais comme mon ange, une des rares filles qu’on peut croiser sur cette terre . Sais-tu qu’avec l’âge, je me suis rendu compte que des filles il y en a des milliards, mais une fille comme toi, il y en a qu’une. Béni soit Allah qui t’a mis sur mon chemin.

Il n y a pas pire sur la terre que de connaitre des personnes qui te font croire qu’on est ami. Alors qu’ils ne le sont point. Des gens comme ça, j’en croise tous les jours. Des vénales gens, sans foi ni loi, qui sont persuadés que la vie est un western, le monde un Far West.

J’aurais aimé emprunter la plume de Pierre de Ronsard ou celle d’Alphonse de Lamartine pour t’écrire de beaux poèmes ou d’éloges pour me faire pardonner. Si j’étais capable, je t’aurais composé le plus bel acrostiche que le monde ait connu. Mais comme tu ne sais lire que mes lignes, alors j’ai la conviction que tu me comprendras.

Je vais devoir m’arrêter là pour ne pas t’embrouiller la tête. Salutations aux belles-sœurs et aux beaux-frères.

Bisou et à la prochaine in sha Allah!

 

Ton âme-sœur Naoumane