naoumane

L’Anjouanais ou « pièce à conviction »

Omniprésent dans l’ensemble de l’archipel. Ce natif de l’ile au parfum est  victime de lui même, chez lui à Anjouan, avant qu’il soit une cible idéale dans les autres iles. Comme l’air, il est présent partout. Cependant on en a assez de Lui.

Archipel des Comores. Carte L. Mouaoued/ RFI

Très souvent, humble et modeste, ce natif de l’ile d’Anjouan, reste l’homme à tout faire. Malheureusement, à Mayotte, à la Grande comore et à Mohéli, l’Anjouanais reste l’auteur de toute impertinence, de toute maladresse…

Son « malheur » vient de loin. D’abord, à Anjouan, entre Anjouanais, dans son propre ile. Là où la notion des wagwana (bourgeois) (et les wamatsaha (campagnards) devient une institution. Là où prend racine tout ce qui pourrait donner naissance à la distinction. Tout ce qui peut inciter à la haine, à la discrimination, tout ce qui peut être synonyme d’inimitié, comme le chauvinisme, le sectarisme, le régionalisme etc.

Avoir le « malheur » d’être un campagnard, à Anjouan, ou être tout simplement un Anjouanais, en général. C’est être victime, de toute sorte d’action louche, enfin, de toute inconvenance. Toujours maladroit, le campagnard est « forcement » l’auteur de tout ce qui sort de l’ordinaire. Le villageois se voit alors traiter de rustaud en un mot, quoiqu’il soit hobereau. Hélas !

Anjouan (Ndzouani)

A Mayotte, ah Mayotte ! Moi, Anjouanais de souche, je ne te maudis point. Toi « l’eldorado » de canal de Mozambique. Toi, nous sembles miroir d’une vie de rêve. Laissez-moi rêvasser. C’est gratos. Hum ! Tu demeures aussi maillot faible, pour le reste du territoire comorien. Avec trois pieds, on sert nos chers politiques sur une table bancale.

Paradoxalement à Anjouan où il y a les bourgeois et les campagnards, des littoraux et des montagnards. Là-bas, à Mayotte, peu importe l’ile dont vous êtes originaire, vous vous trouvez tous dans le même « box ». On est tous des Anjouanais, point barre.

Et comme nous avons tous un dénominateur commun, la faim qui démange nos ventres rachitiques et consume le reste de nos corps squelettiques. Les problèmes de santé, la quête d’une vie meilleure. L’Anjouanais est donc un « gueux », pour éviter le mot mendiant, un nécessiteux, un rescapé, enfin, le misérable ! Pourvu qu’on ne soit Les Misérables de Victor Hugo. Sous ces conditions, le misérable devient, ari, opportuniste, pour certains, et arriviste, pour les autres. La ségrégation est donc claire est nette !

A la Grande comore, ici, c’est le royaume des multi-faces. Le Grand comorien se veut toujours supérieur et joue toutes les cartes du monde pour garder sa suprématie. Et l’Anjouanais, un véritable tape à l’oeil, ne se laisse pas faire. Ce qui laisse un si profond fossé de méfiance entre le grand comorien ou le « praticien » et l’Anjouanais ou un masiwa (l’insulaire). Une bataille qui se livre à l’ombre depuis que les Anjouanais sont Anjouanais et les Grands comoriens sont des Grands comoriens. Et la discrimination s’installe.

Débrouillard et prêt à tout « sot métier », ce natif de l’ile au parfum s’occupe de tout. Il ne choisit pas de taf. De Mayotte à la Grand comore, celui le commerçant, le maçon, le taximan, le laboureur, l’éboueur …

A Mohéli, c’est à peu près comme à Mayotte, l’Anjouanais, qu’il soit mugwana (bourgeois) ou matsaha (campagnard), pour moult de Mohéliens, les Anjouanais sont tous des wamatsaha (des campagnards). Quoique vous fassiez peau neuve.

Pourquoi tant de distinctions entre nous ? Pourquoi à la place de l’amour, fait place, avec beaucoup d’audaces, à la haine ?

Nous sommes un Etat insulaire. Tout le monde réclame ses Droits. Ce qui n’est pas anormal. Cependant, nous ne devons surtout pas mettre dans les oubliettes nos Devoirs à accomplir. La solidarité doit être mise au sommet de nos institutions. Tristement, ce pays  manque patriotisme.

Et malheureusement ces genres de discussions restent presque tabous dans les médias. Certes, c’est des sujets sensibles mais qui rongent davantage la société comorienne.


Le tourment d’une jeunesse en détresse

Toute vie humaine mérite chance et espoir. Cependant, moi, jeune du sud, enfin, jeune comorien, hérite de la poisse et du désespoir. Ainsi je me livre à la lassitude, ou bien à la servitude. C’est pourquoi moult d’entre nous préfèrent ce que vous appelez « la facilité » !

Info.net

Pourquoi fuir son pays ? Est-ce que c’est de leur propre gré que tant de jeunes choisissent de partir loin de leurs familles?

Si pour certains, cela leur fait plaisir de rester loin de leurs proches, et bien je crois que la plupart de ces jeunes n’ont pas vraiment le choix. C’est à cause du poids de la misère qui pèse lourd sur nos consciences. C’est à cause du désespoir que nous vivons jour après jour. C’est à cause de l’enfer que nous font vivre nos dirigeants du sud que nous finissont par partir.

Qui aurait souhaité aller se faire esclave en Libye ? Qui aurait voulu se faire enterrer vivant, pour ne pas dire se faire noyer, entre le bras de mer devenu cimetière pour Comorien, qui sépare Anjouan de Mayotte ? Si on songe partir en Europe ou ailleurs, c’est parce que dans nos pays, il y a zéro espoir. Tout est noir. On vit dans les ténèbres depuis des années.

Dans beaucoup de pays africains, et notamment dans les pays subsahariens, les jeunes sont mis à la marge de la scène politique. Chez nous, aux Comores, par exemple, il y a toujours plus de jeunes diplômés au chômage. Nos chers orateurs ou plutôt nos oracles, pour mieux manipuler la jeunesse comorienne, font semblant de l’impliquer dans un débat quelconque. Ou alors ne tentent-ils que de nous monter les uns des autres.

Et nous voici divisés. Les jeunes grands comoriens, se croyant supérieurs, se mettent à part. Nous, jeunes anjouanais privés de toute opportunité, c’est via les bruits de couloir que nous nous exprimons. Quant aux jeunes mohéliens, ils sont là en tant que supporters. Mais ils supportent qui ?

Ici les jeunes diplômés sont de vrais loosers. Ceux qui ont quitté l’école vivent mille fois mieux que la plupart de ceux qui ont fait l’école.

Allez donc dire ailleurs que l’école est le meilleur chemin pour réussir dans la vie.

J’aimerais bien être une voix qui parle au nom de cette jeunesse tant marginalisée, cette jeunesse rabaissée et surtout manipulée davantage. Mais hélas, moi aussi je suis un looser.

La jeunesse, c’est l’avenir. Si jamais nous jeunes du sud, que ce soit diplômé ou non, nous nous faisons pas une raison pour rester dans nos pays. C’est l’avenir de nos pays qui reste incertain.

Lassé de parler de mon pays d’une manière négative, je reste, souvent assis sur le bord de la mer, ici à Moroni, les yeux rivés à l’horizon. Je regarde le soleil, qui, fatigué d’illuminer ce peuple sans scrupule, dirigé par des hommes sans âme, part se reposer au-delà de l’autre coté de Océan indien. Là-bas, il y a un pays et des hommes. Là-bas, tout est scrupuleux et ingénieux. Là-bas, il y a des dirigeants qui dirigent, et non des dirigeants qui dérangent. Là-bas, il y a une jeunesse qui progresse, une jeunesse pleine de vie et qui reste toujours éveillée. Là-bas, c’est l’autre rive, tout est alors vif. Là-bas, c’est le monde de la mode, tout est ordre et propre. Pour les uns, ari, la nuit porte conseil. Pour nous autres, la nuit porte sommeil, point barre.

Je laisse derrière moi, tout un monde opprimé et méprisé par la classe politique comorienne. Je regarde la mer, loin des vagues, loin des démagogues.

Ceux qui partent pour aller tenter leur chance loin d’ici, ne sont ni fuyards ni trouillards. Il sont juste des débrouillards !!!

 

 


Au pays des perfides, tout est stupide

Dans un pays où le népotisme occupe une place prépondérante. Dans un pays où les études n’ont « aucunement de valeur ». Dans ce pays où la valeur d’un citoyen se mesure au degré le plus élevé de sa docilité. Dans ce pays où l’administration, peu crédible, laisse à désirer. Encore pire, dans cet archipel où l’insularité passe avant toute chose. La stupidité ne peut que prendre le devant de la scène et ouvre une porte aux perfides pour mieux gérer le pays.

Depuis que les Comores sont «comme mort». On n’est gouverné que par des perfides. A leurs yeux, nous, peuple comorien, , ne sommes que des « abrutis » ! Je m’excuse pour le terme. Car nous ne faisons qu’élire à l’aveuglette et avec constance des personnes de peu de foi. Voilà qu’ils ne soucient guère que leur petite personne. Et au diable le sort de ce pays.

Et par manque de maturité, dès qu’un scrutin eut lieu, on se rend aux urnes pour voter pour un tel candidat juste parce qu’on est du même région, sinon on connaît un membre de sa famille. Et sitôt que le monsieur, tant applaudi, siège au pouvoir, il nous assiège. Puis, en guise de reconnaissance, il laisse suinter sur nos lèvres sèches et nos bouches grand-ouvertes, sa bavure comme du miel. Qu’est-ce que nos ventres sont vides !

Pour devenir président, ici aux Comores, il suffit juste d’être un vrai fanfaron. Sinon devenir mutant, changer d’apparence au moment opportun. Ainsi nous avons droit à un rais, genre x-men. Et on passe de colonel en Imam !

Lui qui « songe » faire de notre pays ari un pays « émergeant », et qui a commencé par augmenter son salaire. Lui qui a promis du boulot à tout jeune comorien, ari « Un jeune égal un emploi ». Oui Monsieur a tenu parole en envoyant chancir au chômage un bon nombre de « «contractuels ».

On oublie si vite que les politiques africains sont tous du même tissus, des vrais charlatans, des hâbleurs, voire même des sorciers. Il ne manque jamais de miel dans leur discours. Cependant il n’en ait pas la moindre goutte dans les actions. Il paraît que selon Nikita khrouchtchev, « tous les politiciens sont les mêmes, partout dans le monde« . Mais les nôtres, c’est plutôt des extra-terrestres. Ils mènent à bien leurs besognes.

Ici, tout à un prix, même le désespoir on l’achète cher. T’accompagnes ta maman pour aller supplier un mwegné (Monsieur) pour qu’il te trouve au moins du stage quelque part. Après avoir fait semblant de prendre note de votre « geignement ». Monsieur te demande de monter un dossier qui te coutera en moyenne quelque dix milles francs comoriens, puis t’as intérêt à te plier en milles plis, genre papier froissé, devant le Monsieur le Directeur de je ne-sais-quoi, à qui tu as confié « ton destin ».

Ensuite tu attends sagement le Saint-Glinglin ! D’ores et déjà, à chaque fois que t’essaies d’arranger un rendez-vous avec Lui, il le remet toujours aux calendes grecques. Et au bout de quelques jours, il te demande un autre dossier, sous prétexte d’avoir perdu le dernier. Cependant, cette fois-ci Monsieur te précipite tout en te rassurant avoir eu une occasion à ne pas rater. Ainsi t’effectues un autre dossier vite-fait et ça c’est le Graal !

Je suis mal pour ne pas dire que j’ai mal. Sinon vous me demanderez si j’ai mal aux dents ou au ventre. Pourtant c’est tout mon corps qui souffre le martyre. Quand je vois mon pays sombrer davantage dans la pauvreté.
Je suis mal de voir s’accroitre le nombre de chômeurs du soir au matin. Et que personne n’en parle. Je suis mal de voir ce payas si pauvre, mendiant soit-il, mettre à la porte des pays comme l’Iran et le Qatar. Parce que, euh … !

Je suis mal de voir des jouvenceaux quittés si tôt l’école prétextant que les études ne font pas le poids dans ce pays.
Peut-on dire qu’il est question d’une poisse ou plutôt c’est notre destin d’être gouverné par des chacals à dos noir depuis la première heure de l’indépendance jusqu’à l’heure.
Nos dirigeants ne sont et ne seront jamais rassasiés. Et ce qui est inquiétant et qu’ils en veulent encore et encore. Ari « l’appétit vient en mangeant » hein !

Heureusement notre pays n’est pas un royaume. Quoiqu’il soit le royaume des perfides, donc on ne nait pas président mais on le devient.

Je vais mal de voir ce minuscule pays qui n’existe même pas sur nombreuses cartes géographiques, ce pays que moult de terriens ignore. Ce pays « « imaginaire » qui, censé être un « coin paradisiaque, transformé en un «coin mort ».

Je vais mal de voir ce pays, ari, à majorité musulmane mais qui manque de foi musulmane. Mon cœur se fend quand j’entends des musulmans parler de la justice mais qui préfèrent l’injustice.
Vous comprenez pourquoi tout est stupide ici, parce qu’il manque maturité du coté du peuple. Conscients de cela, nos chers démagogues, perfides soient-ils, en profitent pour nous faire vivre ce calvaire depuis.

Ce n’est pas à cœur ouvert que je critique de la sorte nos politiques. Encore moins, cela ne me réjouis pas de déverser de jérémiades, à chaque fois que je parle des Comores et de la politique comorienne. Mais hélas ! Le présent me contrarie. J’aurais aimé vous parler de mes prouesses et des mes amours perdus. J’aurais aimé vous conter des contes comoriens, comme ils sont fabuleux et fantastiques.
J’aurais aimé vous parler de mon archipel comme la terre promise, l’eldorado de l’Océan indien. Mais encore une fois hélas !!!


Tsembehou, la ville aux innombrables loquaces

Jamais une ville n’a renfermé tant de « politiciens » aux esprits vindicatifs, de « cadres » aux idées tordues et de têtes brûlées que la ville de Tsembehou.

Située au cœur de l’île d’Anjouan, ici aux Comores, cette « ville » qui devrait être « Ville », grâce au pouvoir que nous détenions auparavant, est aujourd’hui « vile » et vide de sens. Hélas : j’y suis né.

Vue plongeante de Tsembehou, depuis Hamrio.
Vue plongeante de Tsembehou, depuis Hamrio.

« L’inattendue défaite » des précédentes élections ne nous a pas offert un présent. Beaucoup de masques sont tombés. Ainsi on pouvait voir clairement les vrais visages de certains hommes dits politiques.

La haine qui les consume de l’intérieur, transforme leur cerveau en magma, et leurs substances grises se transmutent en lave et coulent à flot. Quant à leurs bouches, elles deviennent des cratères aussi larges que celui du Karthala. Quand ils parlent, mettez-vous à l’abri avant que vous soyez annihilés par ce genre de volcan ambulant.

Nous qui occupions tant de postes clés dans différentes directions. Nous qui avions voix au chapitre au précédent gouvernement, nous qui avions « les commandes »… Au lieu de bâtir une ville moderne, solidaire et exemplaire comme Kigali, euh ! Laissez-moi rêvasser, c’est gratos ! Nous ne faisons que détruire le peu de solidarité qui reste en nous. Par conséquent, nous voici tombés aussi bas que Bagdad et Alep, enfin, paraît-il !

Notre jeunesse – qu’on soit diplômé ou non – se laisse manipuler très facilement par certains de nos démagogues, pour des promesses non tenues. Nous sommes devenus leur marionnette et on se fait tripoter.

On sème le germe de la haine, il va donc falloir se mettre en quarantaine avant que tout se déchaîne. Sinon, il faudra s’attendre à une mort certaine. Je vous signale !

A cause de cette sale cuisine, dite politique, tant de familles se déchirent… Des histoires d’amours se sont brisées et plusieurs associations ont connu une fin dramatique.

Présentement on assiste à un licenciement en masse dans plusieurs services et directions. Une véritable passe qui peine plusieurs foyers et envenime la situation actuelle. Chose qui se fait très souvent à chaque fois qu’un autre régime politique prendre la relève.
Seulement, cette fois-ci, cela a pris un tournant « «scandaleux ».

Ici, on amalgame tout, vraiment tout. On identifie la politique à la vie quotidienne. Nous qui prétendons être musulmans… La médisance, l’hypocrisie et la sournoiserie (pour ne citer que cela) sont nos menus préférés. Jours et nuit, on ne fait que s’en vouloir, persifler, se mépriser les uns des autres, à l’opposé de ce que nous enseigne l’Islam : l’amour envers nos semblables, la sympathie, la compassion etc.

Ailleurs, loin de l’Afrique subsaharienne, au fin fond des confins de l’Afrique maghrébine, quand on perd un scrutin, au lieu de garder amertume et ressentiment à son successeur, on prend du recul pour mieux s’organiser. Chez nous en Afrique, quand on perd une élection, on s’arrange dans le camp de l’opposition. Et cela paraît normal. Mais ce qui est pire encore, c’est de percer le bateau de plusieurs trous afin qu’il fasse naufrage. Tout simplement parce que c’est quelqu’un d’autre qui tient le gouvernail. On déploie donc tous les efforts possibles pour que le navire chavire et que tout soit chamboulé plus tôt que prévu.

C’est exactement ce qui se passe aux Comores. On dirait le centre de politiques irascibles. On aime l’ambiance électrique. Etant donné que nos chers politicards sont de vrais moulins à paroles, ils ne font que hâbler, sinon bluffer.

J’aurais aimé frimer moi aussi. Malheureusement, le talent me fait grand défaut hein ! Et dans les places publiques, vous n’entendrez que des verbiages et des cancans, tandis que ceux qui sont au pouvoir nous cassent les pieds avec des histoires à dormir débout, sacrebleu! Quelle ville ! Quelle île! Quel pays !

Il se peut que ce soit le fait qu’on soit aigri qui nous a rendu irascible. Je crains que le devenir de notre merveilleuse ville soit incertain.

La société comorienne est une société inactive, voire même passive. Le poids de la misère, comme celui du chômage pèse lourd sur nos épaules. Pour s’en passer, nous préférons cailleter à longueur de la journée plutôt que de faire quelque chose de lucratif.

Je me noie donc dans cette perplexité dans laquelle je me trouve.

Toutefois, je me réjouis du chapeau bas que plusieurs personnes tirent sur notre somptueuse ville grâce à notre cordialité et à nos prouesses.

Tsembehou, quoique tu deviennes, je t’admire, de loin ou de près Toi qui m’a vu naître et grandir. Toi qui me nourris nuits et jours. Ton eau, je la bois tous les jours. De Hambajé à bandajou, douce et fraîche, elle coule toujours et dans nos citernes et elle restera pour toujours !

 

 


Mon retour au bercail, entre joie et désarroi

Après plus de six ans passés au pays des Pharaons, me voici enfin de retour, avec « peu de valeur ajoutée », auprès des miens. Ce fut donc, pour ma famille et moi, une joie immense. Surprise de me voir germer aux Comores sans prévenir quiconque. Ma mère, folle de joie de voir son fils revenir en un seul morceau, se fonde en larmes.

Les retrouvailles étaient de taille, cousins et voisins, tantes et tontons viennent, de bon coeur, saluer et féliciter ma mère, affaiblie par le poids de l’âge.

Etranger ailleurs, tout me semblait étrange chez nous. Que suis-je devenu pour être accueilli comme un « rock » ? Me demandais-je !

 

Cependant, mon retour fut un désarroi de voir un pays comme le nôtre partir à la dérive.

Au large de Moroni, Grande Comore photo Naoumane
 Au large de Moroni, Grande Comore   photo Naoumane

Les îles Comores, les îles aux parfums inodores mais qui restent tout de même les îles aux parfums, quoiqu’insipides.

Ici, les « impies » n’ont jamais du répit. Ceux que nous élisons quotidiennement, vident audacieusement les caisses de l’Etat et nous autres, nous ne faisons que les applaudir, mince ! Comme nous embrassons fort grave la docilité!

Notre pays est une impasse, gouverné par des imberbes à verbe acerbe. Rien ne peut donc être superbe.

Rien ne se fait par mérite, mais plutôt par atavisme. Certains postes politiques sont devenus des legs. Comment peut-on donc songer à un éventuel développement ? Pendant qu’un extrait de naissance suffit amplement pour se faire embaucher quelque part. La seule et unique condition est que tu sois fils à papa. Du moins que ceci fait partie du développement hein !

Ari : « on connaît l’ouvrier dans l’œuvre. » Toutefois, on prétexte que c’est dans l’œuvre qu’on apprenne tout. Donc tant pis pour ceux qui ont suivi une telle formation

Et comme dit Candide, « tout est mieux dans les meilleurs des mondes possibles. »

Un séjour dans l’eau ne transforme pas un tronc d’arbre en crocodile. Mais bon, tant mieux, en 2020, notre pays fera partie des pays émergents, euh!!!

Si le Paradis est promis à ceux qui font des bonnes œuvres. Ici, c’est plutôt les malfrats qui détiennent les clés du paradis terrestre.

En cette période électorale, nos « augustes » candidats, trouvent habilement les mots pour nous faire rêvasser. Et sitôt qu’on les élise, c’est dans un bain de regrets et de désespoirs que nous nous réveillions. Mais hélas, cela ne met à personne, la puce à l’oreille à personne.

Le poids du chômage, la misère tout comme les galères qui nous empoissent et empoisonnent notre vie. Le problème d’électricité qui nous accouardit encore et encore. Tous ceux-ci importent peu aux yeux de nos politiciens.

Leurs plus grands soucis, c’est de devenir richissime, eux et leurs proches. Quant à nous, misérables indigents, nous ne leur servons que de pactole.

On dirait qu’on a des magiciens et non des politiques, enfin des démagogues. Des lascars prompts à forger de tonnes de mensonges à la seconde.

Pourvu qu’après quarante ans d’indépendance, nous peuple comorien, demeurons immatures.

ô peuple comorien, réveille-toi ! La saison des moissons s’approche. C’est l’heure propice pour toutes revendications. Sinon nous resterons les tartes des démagogues.

Quant aux mentalités, c’est un désastre total, notamment chez nous à Tsembehou. Toute est question de politique. Elle devient une quotidienneté. Et cela depuis nos ancêtres, d’après les on-dit. On mélange tout ici, culture, société, religion etc. Le sectarisme et le favoritisme sont les deux maux qui gangrènent notre village.

Les jeunes diplômés deviennent la risée de ceux qui n’ont pas pu aller un peu plus loin dans leurs études, pour ne pas parler d’ « analphabètes ». Vu que c’est surtout ces derniers qui tirent les ficelles. De la sorte, nous autres, sommes devenus les pions potentiels pour nos politiques. On est donc près à tout pour se faire contractualiser.L’aigreur nous amène à se transformer loups garous.

Chez nous, quand on parle de scrutin, ce n’est rien d’autre que mascarade. Honte à nous électeurs et honte à nos démagogues. On vote le matin puis on crie au feu et au diable dans l’après midi.

Je ne parle pas au nom d’un tel parti politique, mais plutôt au nom de ma patrie. Une cause noble que nous devons toutes et tous défendre.

Dans les plateaux de certains médias, dits nationaux, l’objectivité passe au second plan. Peu de journalistes ne déforment pas l’information. Hélas ! Si le blogging était en vogue aux Comores, je dénoncerais vaillamment les injustices de ce pays. Bien que l’internet reste encore un « luxe » !!!

Je suis profondément déçu de découvrir le vrai visage de mon pays tant aimé.Le pays sombre dans une baignade de corruption, flotte dans un bain d’hypocrisie et stagne dans les bas-fonds de la sournoiserie.C’est vraiment la désolation dans toutes choses. Mais un jour, j’ai la ferme conviction qu’on sortira la tête de l’eau et les Comores deviendra enfin un pays développé.


Comores, quarante ans d’indépendance, le bilan est déplorable

L’indépendance, un événement grandiose, un acte de bravoure, un grand soulagement, une liberté retrouvée. Cependant, chez nous aux Comores, après quatre décennies de « liberté » et de « fierté », aucun de nos régimes politiques respectifs, n’a répondu au minimum des attentes du peuple, hélas. Dès l’aube de l’indépendance, c’était déjà la disconvenance entre le père de l’indépendance et ses collègues. De nombreux hommes politiques ont montré qu’ils étaient prêts à s’entre-tuer pour accéder ou conserver le pouvoir.

gouvernement.km
Gouvernement.km

Juste après l’indépendance, c’était le moment propice pour faire fortune. Le gâteau sorti du four, tout le monde se battait pour avoir la plus grande part. Tant pis pour ceux qui n’avaient ni la voix, pour réclamer la leur, ni la force de se battre.

Une véritable curée, nos politiciens se sont fait assassiner par le bourreau français dit Bob Denard. Un vrai tueur à gages dont ses crimes abominables restent la hantise de beaucoup de Comoriens.

Quarante ans d’indépendance, que s’est-il passé depuis ?

Après un long règne despotique, dirigé par notre père de l’indépendance, ont suivi des années tumultueuses. Une série de coups d’Etat a secoué notre archipel pendant plus de vingt ans. La soif du pouvoir de nos politicards a conduit le pays à la dérive.

Personne ne se souciait du sort de notre pays déjà affecté par le retranchement de l’île de Mayotte. Ce qui a rendu et rend vulnérable l’Etat comorien.

C’étaient les années noires, noires comme une nuit dans la jungle. Deux décennies d’instabilité et d’insécurité. Profitant de la naïveté du peuple comorien, nos politiciens véreux ont su nous corrompre jusqu’au dernier.

Pour ces démagogues, le pourvoir est un pactole. Donc pour arriver à leur fin, il faut passer par la voie des urnes, avec des élections transparentes, mon œil oui !!!

Si je vous dis qu’un salarié comorien peut travailler cinq mois de suite sans être payé. Comment peut-on vivre dans une telle galère. Et ben, les Comores sont un « paradis terrestre » gouverné par des hommes de peu de foi et qui désirent ardemment qu’on ajoute foi à leurs ragots. Chez nous subsiste ce que vous appelez la solidarité, sinon l’assistance sociale. On s’entraide, on s’épaule par tous les moyens.

Quarante ans d’indépendance, on n’et pas sorti de l’auberge.

Si on a acquis l’indépendance, c’est pour vivre pleinement dans le confort du bien-être, liberté, justice et égalité. Et non se débarrasser de l’impérialiste puis l’interpeller pour un éventuel rattachement. Honte, honte, honte à nous !

Après les années sombres, incarnées par les Coups d’Etat, la crise séparatiste prit la relève. Dix ans de fourberie, mais aussi de bouffonnerie qui ont abouti à la Tournante. Une idée de génie, applaudie par moult Comoriens.

Ce n’est qu’après que la tournante a fait le tour des trois îles que nous nous sommes aperçus que c’était une ruse utilisée par les « dinosaures » pour qu’ils puissent gouverner tour à tour. La tournante s’avère donc la tontine pour eux.

Quarante ans d’indépendance, quarante ans de misère

Quand on parle des Comores, on parle aussi du « coin mort ». Triste à dire, mais c’est la vérité, les iles de la Lune sont devenues les îles de la ruine !

Depuis l’indépendance aucun secteur privé n’a été développé. Le pays est devenu, je cite : le pays de « rien-ne-va ! »

Le 6 juillet 2015, on a fêté le quarantième anniversaire de notre indépendance. Mais aujourd’hui, il ‘n’est pas possible d’accéder à certains villages faute de routes. Ne parlons pas d’eau potable, puisque c’est l’ensemble du pays qui en manque.

L’enseignement et la santé tournent au ralenti. L’électricité reste un souci majeur pour le « gouvernement ». Bref, les infrastructures sont à revoir. Et on continue toujours à nous faire croire au Père Noël.

Quarante ans d’indépendance, quarante ans d’espoir

Ari, l’espoir fait vivre, dit le dicton. Ainsi se nourrit le Comorien d’espoir !

Toutefois, nous nous contentons du fait que nous sommes un peuple « libre ». Néanmoins au lieu de construire librement notre pays, on le détruit délibérément.Pire encore, les agissements de nos dirigeants suscitent les démons de la sécession. Nous ne pouvons pas nous focaliser sur cette idée fixe. Dire que tant que Mayotte reste française, nous ne pourrons pas avancer. Il est grand temps que nous dépassions cela.

Peuple comorien, chers compatriotes, tant d’années se sont écoulées et notre pays continue à sombrer dans le vide. Nous élisons nous-mêmes nos présidents, puis nous les maudissons sitôt prit le pouvoir. Nous changeons constamment de Constitution puis nous crions « au diable ! » à notre propre Constitution. Bientôt aura  lieu la présidentielle de 2016. D’ores et déjà, les mamwegné (les messieurs) ont commencé leurs fanfaronnades. Ouvrons donc grand les yeux et choisissons bien notre prochain « filou », enfin notre prochain président, je veux dire !


Le swahili, clé de la fraternité en Afrique

La langue est un pilier fondamental dans le développement socio-culturel d’un pays. Mais, pour cela, elle doit être mise en valeur. Le swahili, autrement dit, le kiswahili,  est une langue riche à cause de sa diversité culturelle. C’est une langue qui devrait suivre les pas de ses cousines francophone et anglophone. Une langue aussi vivace que vivante et qui, au fil des années, se fraie un chemin à l’échelle mondiale. Le swahili est un patrimoine immatériel qui regorge de richesses culturelles.

LA RENAISSANCE AFRICAINE, Le monde à l'envers
LA RENAISSANCE AFRICAINE, Le monde à l’envers

Parlée dans plusieurs pays, de l’Afrique australe jusqu’aux îles Comores, en passant par le pays-continent qu’est la RD Congo. Du Nord au Sud, elle est parlée de l’Ouganda à la Tanzanie. Le swahili est une langue quasi continentale, regroupant différents pays et différentes cultures également. Ce qui devrait être un atout majeur pour sa promotion.

Malheureusement, le pays ayant le swahili comme langue maternelle, sinon officielle, ne connaissent que guerres et corruption, pauvreté et maladies. Cependant, si on se fraternisait grâce à cet outil que nous partageons, si on mettait de coté nos différences pour s’unir, alors on anéantirait peut être les maux qui nous chancellent en permanence. Et l’Afrique de l’Est rayonnerait dans le monde.

J’ose dire que s’il n’y avait pas ces afflictions, les guerres inter-ethniques, la rébellion, la corruption, les magouilles d’hommes politiques, hormis les maladies, cette région serait la région la plus riche de l’Afrique subsaharienne.

Je ne suis pas spécialiste en géo-linguistique. Mais si on jette un œil sur les langues, véhiculaire ou vernaculaire, parlées par plusieurs personnes en Afrique noire., on constate que le swahili occupe le sommet de la liste. Bref, c’est aussi la langue d’Afrique subsaharienne la plus enseignée au monde.

Mais comment procéder donc pour se passer de ces fléaux d’ordre culturel plus que naturel ? Se liguer, ne serait-il pas un bon début ? Former une alliance, l’alliance des pays « swahiliphones ». Rassembler tous les pays ayant le swahili en commun dans un seul but : maintenir la paix et la sécurité dans la région, renforcer les relations internationales et ouvrir les frontières entre pays de la région.

Rien n’est envisageable dans l’instabilité et l’insécurité ! Par contre, partir sur des bonnes bases, une fondation bien solide, on pourra bâtir une nouvelle Afrique australe, puissante et solide. Pour qu’une jonction soit consistante, il faut qu’il y ait un point commun entre les éléments de l’ensemble. Ceci est une aubaine pour l’Afrique de l’Est, puisque nous avons ce fameux dénominateur commun. Cette langue commune que nous partageons. Il ne reste que la volonté.

Je crois savoir qu’une convention, ou du moins une organisation, a vu le jour depuis un certain temps. Elle ne concerne que les pays de la région des Grands Lacs. Cependant, élargir les confins de cette union, dans le but de valoriser le swahili, serait beaucoup plus lucratif et fructueux. L’union fait la force, disent les érudits. Il s’agit de permettre la libre circulation des biens matériels, le commerce, l’échange culturel, renforcer la sécurité régionale et maintenir la paix pour un avenir prospère et durable. C’est une initiative qui pourrait prendre un élan historique. Ainsi, l’amour domptera la haine, la guerre fera place à la paix et le génocide prendra fin.

Il faut intégrer l’apprentissage du swahili, comme matière, dans les écoles et universités. Cela permettra de rapprocher les liens inter-ethniques, et maitrisera les pensées génocidaires.

Partager la même langue est une preuve de fraternité, de parenté. Au lieu de s’entretuer, nous ferions mieux de nous liguer pour former un tout. Prenons l’exemple de l’Afrique de l’Ouest, avec leur fameuse Cedeao.

Le swahili prend de l’ampleur à l’échelle mondiale. Le mot safari fait le tour du monde tout en véhiculant un seul message, le tourisme en Afrique. Ne serait-ce là un bon exemple à suivre ?

Une langue est avant tout un moyen de communication. Et quand il y a communication, naturellement il devrait y avoir une entente et non une mésentente constante.

Quelles que soient les nuances entre le swahili comorien et celui de nos voisins, comme la Tanzanie, notre swahili reste le même à la base. Même cas de figure entre les pays des Grands Lacs, le Burundi et d’autres pays. C’est comme l’arabe : malgré ses nombreux dialectes, les Arabes se comprennent facilement, que ce soit en arabe standard ou en arabe classique.

Moi, qui ne maîtrise aucune langue, à part le silence, je me réjouirais d’avoir une langue qui pourrait me servir de guide une fois présent dans un pays comme l’Ouganda ou le Kenya. Je me sentirais chez moi partout où je mettrais les pieds. Tout comme un Congolais ou un Tanzanien se sentirait à l’aise aux Comores. Ainsi prendrait naissance l’amour fraternel entre pays membre d’une organisation.

Si, pour nous donner espoir, on dit que l’Afrique c’est l’avenir. J’ajoute que le swahili est notre devenir. Sur ce, je vous dis « akuna matata 


De la consommation à la consumation

Tout être humain, riche ou pauvre, a besoin d’une ration alimentaire saine et équilibrée et de soins médicaux appropriés. Cependant, la « logique » fait que le pauvre mange à sa faim, mais aussi à sa fin, hélas. Au souk, fruits et légumes à moitié pourris, poissons aux yeux rouges, viande décongelée, tout ce qui est nuisible à l’organisme est vendu à bas prix. Dans certains supermarchés, les aliments périmés sont en promotion. L’indigence suscite la « générosité.» Dans les rues, l’odeur appétissante des fast-foods nous invite à acheter des hamburgers cuits à la seconde.

Produits cosmétiques, importés et locaux périmés. tunisky.com
Produits cosmétiques, importés et locaux périmés. tunisky.com

Chaque jour, loin de l’alcool, du tabac et d’autres addictions destructrices de l’espèce humaine, d’autres consommations communes dévorent l’homme étourdi à coup sûr. Nombreuses sont les personnes qui tombent malades du jour au lendemain. D’autres ont rendu prématurément l’âme par manque d’attention à ce qu’ils consommaient. Cela nous semble étrangement anodin. Rien ne requiert notre attention, si ce n’est que manger à notre faim. Ce qui nous conduit également à notre fin.

 Les fast-foods

Un délice qui donne souvent le mal de ventre. Rien n’est cuit naturellement. « Vite fait, mal fait. » Plus la demande s’accroît, et plus la vitesse de la cuisson s’élève. Ainsi, certains restaurants deviennent des gargotes. On passe outre la propreté passe, les agents pathogènes prennent racine en ces lieux. Le Master Chef croit satisfaire le client, alors qu’en réalité, il ne fait que signer son transfert à l’hôpital.

Les produits périmés

Dans les locaux des milieux défavorisés, des pays pauvres très endettés, la vente des produits périmés est courante. La survie nous mène tout droit à la morgue.

Le mois dernier, j’étais un petit peu émue, quand j’ai remarqué, dans un supermarché, que presque tout ce qui se trouvait dans le rayon des produits laitiers avait expiré de plus de vingt jours.

J’ai donc pris une boîte de lait et j’ai appelé l’un des employés pour lui faire part de ma découverte : plusieurs boîtes impropres à la consommation. Et quand je lui ai demandé pourquoi ils vendaient de tels produits.la réponse a été désinvolte « C’est juste quelques jours, rien de grave. » Ah bon ! Juste quelques jours vous dites ? Regardez, c’est plus de vingt jours, continuai-je.

« Vingt jours, ce n’est rien, l’importance est que les clients achètent. » répliqua-t-il.

Fin de la causette. Quelques jours plus tard, j’ai entendu dire que tous ces produits étaient en promotion. Tout ce qui est conserve, reste mangeable à vie hein! Euh !

 | Annabelle Blais |  affaires.lapresse.ca
Annabelle Blais affaires.lapresse.ca

Les pharmacies ambulantes

Un autre danger permanent, en Afrique, comme dans le reste des pays du sud, la fréquence des pharmacies ambulantes est remarquée. Dans les bazars, les épiceries, les foires, un peu partout, la vente illicite des médicaments expirés ou non est infinie. Usage, précaution, dosage, personne ne s’en soucie. L’essentiel est d’avoir du paracétamol, quand on a mal à la dent.

La médecine traditionnelle

Une médecine qui a tenu debout nombre d’entre nous, pendant plusieurs siècles, mais qui reste tout de même contestable. Car, selon moi, tout se fait à tâtons. Par conséquent, les effets secondaires sont considérables. Malheureusement, par manque de moyens, sinon par manque d’éducation, beaucoup sont ceux qui y croient et continuent à y consulter.

A quelque chose de mal, est profitable. Etre pauvre, c’est être ivre. Ainsi on mange pour trépasser. Paradoxalement à ce que dit le dicton : « manger pour vivre. »

Seule l’éducation peut apporter remède à nos anomalies. Sinon l’assistance de service social, sauf qu’il n’en existe pas chez nous.

 


Je suis Comorien, mais je ne suis pas trop fier de l’être

Les Comores, un tout petit Etat insulaire doit faire face à mille problèmes. Un des casse-tête, le marasme économique qui paralyse le pays avec pour conséquence le chômage qui garrote les jeunes diplômés, un problème récurrent, dont on ne parle nullement dans les assises de Hamramba. Un sujet qui reste « tabou » dans les débats médiatiques et qui ne cesse de déchirer et de diviser la société comorienne. Le complexe dialectal et d’insularité dû à la centralisation de presque tous les bureaux administratifs sur une seule île. Un « virus mortel » qui ronge l’unité territoriale depuis l’aube de sa naissance.

Parlement des Comores
Parlement des Comores, Hamramba

Ce n’est ni des idées séparatistes que je cherche à ressusciter, ni un esprit rebelle que je veux répandre. Mais plutôt une remarque, dont je tiens à faire part à nos chers élus et compatriotes. Nous larmoyons régulièrement sur le sort de notre pays. Dans un pays où les mentalités restent médiévales où chaque île privilégie son dialecte et se moque de celui de l’autre, comment faire l’Union.

J’ai comme l’impression que c’est seulement chez nous aux Comores où nichent toutes sortes de complexes gravissimes. Les uns se veulent « Comoriens » et surnomment les autres, « les insulaires ». Une dénomination qui est mal digérée par ces derniers, attendu que nous sommes tous des insulaires. Alors nombre de ces dénommés « insulaires » conçoivent cela comme une sorte de dédain.

Tout se fait dans un esprit de querelle, dû à notre insatiable rivalité, née depuis la naissance de l’Etat comorien. Tout est centralisé sur une seule île. Ce qui suscite une indignation chez certaines personnes. Celles qui n’ont pas les moyens pour se déplacer juste pour un quelconque papier. Et cette situation favorise le complexe de supériorité chez d’autres personnes

Je ne suis pas sociologue, encore moins psychosociologue. Mais mon petit esprit m’a convaincu que tant que les mentalités n’évoluent pas, nos chères îles connaitront un long séjour dans les bas-fonds.

Carte des Comores
Carte des Comores

Si vraiment nous nous soucions du développement socioéconomique de notre archipel, il est de notre intérêt de concéder certaines choses, sacrifier une partie de notre ego pour pouvoir former un tout. Comme dit le dicton : « On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. » Faisons alors preuve de civilité et d’unité.

Jadis, la « perte » de l’île comorienne de Mayotte et la crise séparatiste anjouanaise de 1997, pour des causes similaires devraient mettre la puce à l’oreille à nos autorités. Mais malgré cela, mine de rien, nada. Ce qui leur importe, c’est de remplir leurs poches et au diable la « populace ».

Il fut un temps vous vous êtes concertés, après la conférence de Fomboni pour mettre en place la politique de la tournante. Afin que chaque île puisse impétrer le fauteuil présidentiel. Ce qui semblait sage comme décision. Mais enfin de compte, on a compris que ce n’était que de la mascarade, rien de plus. Vous vous passiez le flambeau à tour de rôle pour vous enrichir. Ensuite vous vous accusiez de favoritisme et du népotisme. Et nous le peuple, naïfs que nous sommes, nous suivons ingénument la cadence. Honte à vous politiciens !

Par ailleurs, un autre « fléau » gangrène le peuple comorien et qu’on n’en discute guère dans les débats nationaux. C’est celui des dialectes inter île. Très récemment, je fus victime de mon propre dialecte. L’histoire s’est passée à la station de métro d’El Marg, ici au Caire. Pour une affaire pressante, je hâtais les pas pour acheter le ticket du métro, quand un compatriote qui me semblait égaré m’appela. J’ai mis une pause à ma précipitation pour lui venir en aide. Il me tend son cellulaire et dit : « Je dois rencontrer un frère ici, mais j’ignore de quel côté devrais-je descendre. Peux-tu l’indiquer où je me trouve pour qu’il vienne me prendre. » Je lui ai répondu, ce n’est pas un souci.

Par courtoisie, je dis « salut », en dialecte anjouanais, au monsieur avec qui je parle au  téléphone. Et là, Lui le « continental » a pris mon dialecte insulaire pour un patois. Il m’a demandé  avec un ton bizarre : « Qui es-tu ? » Je lui répondis gentiment : « Je suis Comorien comme vous. Je voulais juste vous expliquer où se trouve votre frère. » J’ai entendu un hurlement : « Hey passe-lui le téléphone, je ne comprends rien de ce que tu dis ! »

C’est surtout ce genre comportement provocant et hautain qui fait naître des inimitiés. Il n’est pas facile d’éradiquer ce maudit fléau de complexe, d’infériorité et de supériorité. Mais pour l’unité territoriale, pour le développement de notre archipel, pour un avenir meilleur et solide, faisons un grand-effort. Et que les autorités comoriennes, au lieu d’en profiter, se penchent davantage à la question de décentralisation et d’urbanisation.

Ne nous laissons pas charrier par l’aigreur de ceux qui nous gouvernent. Certes, on vit des temps de veulerie, mais l’amour finit toujours par triompher.


Comores, élections législatives, communales et conseillers des îles, intellos et mégalos dans les starting-blocks

A quelques jours du premier tour des élections, c’est le grand tapage au sein des staffs des partis politiques. Les maîtres du bluff, se mobilisent en masse dans leur quartier général pour nous parler d’une vie idyllique, une fois élu. Les scénarios restent les mêmes. On change juste de refrains. Plusieurs candidats en lice. Et tous ces « hommes-liges », parlent avec complaisance et à bon escient. Oh ! J’ai la gorge nouée ! Ma foi ! Dans les meetings, tout le monde expose ses desseins, à court terme tout comme à long terme. Des promesses, que des promesses et rien que des promesses qui n’ont jamais vu le crépuscule. Pauvre « hères » que nous sommes, nous continuons à gober goulûment ces « belles paroles » débitées sciemment.

Les Comores.(Carte: RFI)
Les Comores.(Carte: RFI)

Chez-nous aux Comores, cette partie du monde quasiment méconnue du reste du monde. Quand vous entendez parler de scrutin, c’est une belle partie de rigolade qui ne rigole pas du tout. Politicards et démagogues se frottent les mains de leur prouesse et de leur « odeur de sainteté ». les slogans sont bien travaillés. De sorte qu’ils vous caressent les yeux. Rien qu’en lisant les pancartes accrochées ici et là. Prenez garde donc pour ne pas tomber dans la nasse !

Pour mener à bien la campagne électorale, les activistes ou plutôt les arrivistes de chaque parti, parcourent dans tous sens. Ils côtoient foyers par foyers pour séduire les misérables maisonnées. Nos chers politiques se blanchissent à tour de rôle. Pour se faire, à chaque home où les messieurs se donnent la liberté d’y entrer. Ils versent audacieusement quelques kilogrammes du riz et quelques pièces de franc comorien et la voix est dans le sac. Inconscients de la gravité de cette paupérisation, nous y contribution en goguette. Hélas ! Quand on ignore ses droits de ses devoirs, ont fonce droit dans le mur!

Un soir, alors que j’étais moutard, un de ces électoralistes, en parfait costume, avait fait éruption chez nous pour soudoyer la famille. Monsieur qui errait comme une âme en peine, entra dans la cour pendant que ma mère surveillait une marmite de mataba, mets à base de feuilles de manioc, posée sur le foyer de fer.
Alors, pour gagner la confiance de ma mère, monsieur le diplomate ne s’est pas gêné de s’introduire à la cuisine quoique couverte de fumée. Et il s’est mis à arranger les fagots et à souffler dessus pour que les mataba bouillonnent bien. Entre-temps il commence son galimatias. Si jeune que j’étais, je fus surpris du comportement du «gentleman». Aussitôt que ce dernier franchit le seuil de notre porte de la cour,

Pancarte à Mutsamudu
Pancarte à Mutsamudu

je demandai à ma mère : « Maman c’était qui ce monsieur qui nous a rendu visite.
Maman, avec le sourire, me répondit : « c’est monsieur je ne sais qui.» Moi, avec une curiosité enfantine, et qu’est-ce qu’il est venu faire chez nous monsieur je ne sais qui ?
Mère, « monsieur je ne sais qui est venu me parler de je ne sais quoi. »

Moi, et pourquoi il t’aidait à mitonner les matabas, malgré son look?
Maman, «c’est un type insidieux aux habits captieux, prêt à tout pour arriver à ses fins. Méfie-toi mon fils de ce que tu dis look. Sers-toi plutôt de loupes pour ne pas tomber dans une élégance fallacieuse. Le monde grouille d’hypocrisie et d’hypocrites. Surtout en cette période de campagne électorale. Mais tu ne comprendras cela que quand t’auras grandi. » fin de la discussion. La fin justifie les moyens hein !

Ce n’est que quelques années plus tard, quand monsieur je ne sais qui discourait lors d’un meeting en occasion d’un autre scrutin, que je me suis rendu compte que ce n’est qu’un gugusse. Et que ma mère avait toutes les raisons de le qualifier d’un je sais qui.

dafinemkomori.centerblog.net listes_des_electeurs_affichees_devant_un_bureau_de_vote
dafinemkomori.centerblog.net  listes_des_electeurs_affichees_devant_un_bureau_de_vote

Là-bas, lors de la précampagne et pendant la campagne électorale, c’est l’algarade au sein des grandes familles, le Ramdam dans les places publiques. On parle à tort et à travers, de tout et de rien. Comme le chômage bat un grand-record. Pour les jeunes diplômés, les chances d’être embauché quelque part, sont si étroites qu’un chas d’une aiguille. Cela s’avère donc un atout inestimable des candidats et mais aussi un enjeu majeur pour les chômeurs.
Alors pour faire l’intéressant, la règle est simple. Il suffit juste d’avoir la grande gueule, genre devenir moulin à paroles et fourrer son nez un peu partout. Et si vous possédez cet art de bien dire, dite ari la rhétorique, à part le charisme, tant mieux.

Que vous soyez diplômé ou non, c’est le moment opportun de devenir « diplomate ». J’appelle cela « le sprint de jeunes loups». Et si jamais votre parti tombe au premier tour. Vu le pluralisme politique dans un minuscule état comme le nôtre. Ce qui n’étonne personne d’ailleurs, alors vous vous rejoignez si vite un autre parti. Ainsi pour se faire mousser au sein du nouvel parti. Vous allez subitement retournez notre veste. Vous allez vous-même vous dédire, sans gêne ni honte, de ce que vous critiquiez vivement auparavant.

Il paraît qu’on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre. Donc pour endormir l’attention de nos papys et mamies, on leur promet le pays de cocagne. Ce qui compromet tant de relations familiales qu’amoureuses . Et cause autant de charivaris dans plusieurs homes et chamboule tout. Par conséquent le voisinage est rompu jusqu’à un nouvel ordre.
Ce qui fait vraiment pitié, lors des élections ou plutôt des électrons, puisque ça ne nous apporte que de charges négatives, est que cette foutue politique n’épargne personne. Tout le monde devient «politicien». Médecins et imams, cultivateurs et éboueurs, petits et grands… etc on se trouvent tous dans le même bateau.
Là-bas, quand vous entendez parler de vote, ce n’est pas une plaisanterie. C’est un vrai délire, une vraie course à l’échalote. Et quand monsieur, tant soutenu, arrive au pouvoir, fini l’esbroufe. Il ne pense qu’à sa petite personne et sa famille, adieu les marionnettes. Pourvu que les déboires du dernier scrutin ne nous aient pas servi de leçon!