Mon retour au bercail, entre joie et désarroi

Après plus de six ans passés au pays des Pharaons, me voici enfin de retour, avec « peu de valeur ajoutée », auprès des miens. Ce fut donc, pour ma famille et moi, une joie immense. Surprise de me voir germer aux Comores sans prévenir quiconque. Ma mère, folle de joie de voir son fils revenir en un seul morceau, se fonde en larmes.

Les retrouvailles étaient de taille, cousins et voisins, tantes et tontons viennent, de bon coeur, saluer et féliciter ma mère, affaiblie par le poids de l’âge.

Etranger ailleurs, tout me semblait étrange chez nous. Que suis-je devenu pour être accueilli comme un « rock » ? Me demandais-je !

 

Cependant, mon retour fut un désarroi de voir un pays comme le nôtre partir à la dérive.

Au large de Moroni, Grande Comore photo Naoumane
            Au large de Moroni, Grande Comore   photo Naoumane

Les îles Comores, les îles aux parfums inodores mais qui restent tout de même les îles aux parfums, quoiqu’insipides.

Ici, les « impies » n’ont jamais du répit. Ceux que nous élisons quotidiennement, vident audacieusement les caisses de l’Etat et nous autres, nous ne faisons que les applaudir, mince ! Comme nous embrassons fort grave la docilité!

Notre pays est une impasse, gouverné par des imberbes à verbe acerbe. Rien ne peut donc être superbe.

Rien ne se fait par mérite, mais plutôt par atavisme. Certains postes politiques sont devenus des legs. Comment peut-on donc songer à un éventuel développement ? Pendant qu’un extrait de naissance suffit amplement pour se faire embaucher quelque part. La seule et unique condition est que tu sois fils à papa. Du moins que ceci fait partie du développement hein !

Ari : « on connaît l’ouvrier dans l’œuvre. » Toutefois, on prétexte que c’est dans l’œuvre qu’on apprenne tout. Donc tant pis pour ceux qui ont suivi une telle formation

Et comme dit Candide, « tout est mieux dans les meilleurs des mondes possibles. »

Un séjour dans l’eau ne transforme pas un tronc d’arbre en crocodile. Mais bon, tant mieux, en 2020, notre pays fera partie des pays émergents, euh!!!

Si le Paradis est promis à ceux qui font des bonnes œuvres. Ici, c’est plutôt les malfrats qui détiennent les clés du paradis terrestre.

En cette période électorale, nos « augustes » candidats, trouvent habilement les mots pour nous faire rêvasser. Et sitôt qu’on les élise, c’est dans un bain de regrets et de désespoirs que nous nous réveillions. Mais hélas, cela ne met à personne, la puce à l’oreille à personne.

Le poids du chômage, la misère tout comme les galères qui nous empoissent et empoisonnent notre vie. Le problème d’électricité qui nous accouardit encore et encore. Tous ceux-ci importent peu aux yeux de nos politiciens.

Leurs plus grands soucis, c’est de devenir richissime, eux et leurs proches. Quant à nous, misérables indigents, nous ne leur servons que de pactole.

On dirait qu’on a des magiciens et non des politiques, enfin des démagogues. Des lascars prompts à forger de tonnes de mensonges à la seconde.

Pourvu qu’après quarante ans d’indépendance, nous peuple comorien, demeurons immatures.

ô peuple comorien, réveille-toi ! La saison des moissons s’approche. C’est l’heure propice pour toutes revendications. Sinon nous resterons les tartes des démagogues.

Quant aux mentalités, c’est un désastre total, notamment chez nous à Tsembehou. Toute est question de politique. Elle devient une quotidienneté. Et cela depuis nos ancêtres, d’après les on-dit. On mélange tout ici, culture, société, religion etc. Le sectarisme et le favoritisme sont les deux maux qui gangrènent notre village.

Les jeunes diplômés deviennent la risée de ceux qui n’ont pas pu aller un peu plus loin dans leurs études, pour ne pas parler d’ « analphabètes ». Vu que c’est surtout ces derniers qui tirent les ficelles. De la sorte, nous autres, sommes devenus les pions potentiels pour nos politiques. On est donc près à tout pour se faire contractualiser.L’aigreur nous amène à se transformer loups garous.

Chez nous, quand on parle de scrutin, ce n’est rien d’autre que mascarade. Honte à nous électeurs et honte à nos démagogues. On vote le matin puis on crie au feu et au diable dans l’après midi.

Je ne parle pas au nom d’un tel parti politique, mais plutôt au nom de ma patrie. Une cause noble que nous devons toutes et tous défendre.

Dans les plateaux de certains médias, dits nationaux, l’objectivité passe au second plan. Peu de journalistes ne déforment pas l’information. Hélas ! Si le blogging était en vogue aux Comores, je dénoncerais vaillamment les injustices de ce pays. Bien que l’internet reste encore un « luxe » !!!

Je suis profondément déçu de découvrir le vrai visage de mon pays tant aimé.Le pays sombre dans une baignade de corruption, flotte dans un bain d’hypocrisie et stagne dans les bas-fonds de la sournoiserie.C’est vraiment la désolation dans toutes choses. Mais un jour, j’ai la ferme conviction qu’on sortira la tête de l’eau et les Comores deviendra enfin un pays développé.

2 thoughts on “Mon retour au bercail, entre joie et désarroi

  1. Rien a dire !!!!!!!
    Nos dirigeants qui son sensé nous diriger vers le bonheurs nous dirige vers les déceptions
    « Malheur à ceux qui bâillonnent le peuple ! » Thomas Sankara

    1. On vit une triste réalité cher frère. La misère nous rend de plus en plus aigri pendant que ces dits politiciens s’enrichissent. Mince ! Gardons espoir frère, un jour, on s’en sortira de cette galère.

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