Si le mariage était insensé, celui d’Alaa el din serait dispensé !

Les échos d’un mariage comorien font vibrer le quartier de Maadi. Comoriens et Malgaches ont travaillé d’arrache-pied, main dans la main, pour les préparatifs de cette solennité monumentale. Rien n’est plus exalté, plus romantique, plus original, plus historique, qu’un mariage. C’est un moment vital dans la vie d’une femme, un profond soulagement chez l’homme. Notamment si celui-ci devient le père de ses pairs.

Le couple de l'année
Le couple de l’année

Pour atteindre l’autre rive et conquérir le cœur qu’ils désirent, les sentiments n’ont pas besoin d’un laisser-passer ou d’un visa. Ils  défient tous les obstacles et tracent un chemin reliant les deux amoureux, qu’importe s’ils habitent dans des pays limitrophes ou lointains.

Une « députation » anjouanaise, venant d’Alexandrie, s’est portée volontaire pour y mettre du sien pour le bon déroulement de la cérémonie. Rien n’est laissé au hasard. Tout était apprêté, façonné avec minutie !

A Maadi, au Caire, la joie était immense, même les pyramides assistaient à la cérémonie de près. Le ciel est dégagé, un croissant de lune, celui des îles de la lune, luit dans le quartier. C’est le mariage de monsieur Alaa el din, Comorien et de mademoiselle Ansdjadiya, Malgache. Deux peuples nouent un lien sentimental, deux familles forment un tout et deux âmes sœurs s’unissent pour toujours!

parle-moi de mariage et je te dirais que t’as raté celui d’Alaa el din.

Le jour J était attendu avec tant d’impatiences et de prudences. Et quand celui-ci eût lieu, nous nous réunîmes dans une salle quasiment quadrangulaire. A droite, s’asseyent les Comoriens, avec leurs tenues cérémonielles traditionnelles. Ari « l’habit ne fait pas le moine » hein !
A gauche, s’étend un rang groupusculaire de Malgaches, portant leurs plus beaux costumes.
Devant, en face de nous, le fauteuil du marié et de son auxiliaire. Sous une atmosphère harmonieuse, nous attendons, avec hâte, la venue de « sa majesté » M. Alaa el din, roi de la soirée.
Derrière, mon alter ego et moi, entamâmes une causerie futile, concernant les langues nilotiques.

 Maadi, le Caire
Maadi, le Caire

L’entrée triomphale de notre cher Alaa el din, quelques instant plus tard, mit un terme à notre « logorrhée »! Je parle d’Alaa el din, le bwana harous, le marié. Et non d’Aladin, le héros du Conte, Aladin ou la Lampe merveilleuse. Quoiqu’il soit le merveille de la soirée. Accompagné de son éminence bras droit et de son beau frère, ainsi que d’une longue queue de quidams, il traverse l’allée menant droit vers son fauteuil royal, avec son parfait boubou de marié, pavane, salue, sourit le parterre en quelques signes gestuels.

Le speaker, après avoir invité sa majesté et sa convoie à prendre place, ouvre aussitôt le programme. Quelques versets du Qur an (Coran) furent psalmodiés suivi d’un sermon à propos du rite.
Ensuite fut l’heure de l’engagement, l’heure de la vérité. L’heure à laquelle monsieur et mademoiselle doivent jurer fidélité devant le Saint Coran tout en répétant formellement les paroles citées par le Cadi.
Enfin, eurent lieu les deux harangues de remerciement après un monologue élogieux. Et c’est avec une invocation prononcée par le Cadi que s’achève la première phase du mariage.

Après le nikah, mariage musulman, nous nous accompagnons le mari chez sa nouvelle demeure. Elégant et svelte dans sa tunique de mari, beau comme un camion, monte les escaliers avec félicité. Arrivé devant le seuil de son appartement, nous fûmes foudroyés par un air aromatique qui se dégageait de la salle où jolies filles et dames, portant leurs plus bels atours, chantaient et dansaient le tari, danse anjouanaise. Et quand la cavalerie escortant le mari traverse le chœur, les youyous

stridents des jeunes filles comoriennes et malgaches, retentissent suavement nos cœurs meurtris par ce climat nostalgique.

Tari, danse traditionnelle anjouanaise.
Tari, danse traditionnelle anjouanaise.

Dans une autre salle, tandis que la fête fait écho au salon, s’assied la Reine de Saba. Oh ! La mariée je veux dire, mademoiselle Ansdjadiya. Belle dans sa robe de mariée, elle illumine toute la salle. Elle attendait impatiemment l’arrivée de son homme, monsieur Alaa el din. Et quand ce dernier entra, notre chère Reine de la soirée se jette sur lui et l’embrassa. Un grand vivat ballotta l’appart ! Puis ils s’asseyent sur le lit. C’est l’heure de la prise des photos amicales, familiales etc.

Au salon, on passe de tari en chigoma, une autre danse traditionnelle. Ensuite de Chigoma en bal poussière. Une folle ambiance s’empare de la salle. Mais quand le mari et la mariée descendirent dans la foule, c’est fut une ambiance singulière, de la folie pure et simple ! Comme l’avait dit André Gide : « Une foule d’individu se comporte follement. » La seconde phase des activités se clot ainsi.

Le lendemain, c’était le dîner, tenue exigée, costume, pour les gars, robe de soirée pour les filles. Enfin c’était une soirée galante. Malheureusement nous autres, nous n’étions pas avisés, mince ! Une fois sur place c’étaient les slow, zouk-love qui nous accueillaient. Tant pis pour ceux qui n’ont pas encore décroché leur brevet de chevalier. Car ils n’auront pas droit à une cavalière ! Oups !!!

Les surprises étaient de taille. De sorte que pour éviter un séjour chez un cardiologue, un poignet de convives, que je nomme les « danseurs en solo », et moi, nous nous retrouvâmes sur la terrasse en train de jouer le vigile. Bien évidemment, les célébrations pareilles n’auraient pas de sens s’il n y avait pas de surprises. D’ailleurs la danse et moi, le divorce est consommé il y a fort longtemps. Ainsi s’achève le déroulement du mariage d’Alaa el din.

Dorénavant, une nouvelle famille vient d’être née, avec tant d’amour et d’espoir. Un amour sans faille ni répits suit son cours. Un amour qui se nourrit d’amour jour pour jour. Tout se fait à bon escient. Vous savez pourquoi ils s’aiment toujours comme le premier jour où leurs regards se sont croisés ? Voulez-vous que je vous dise leur petit secret afin que vous autres puissiez en profitez aussi ?. Bah, je crois qu’il ne serait pas courtois de révéler le secret d’autrui par ici.

Avant de clore ce bulletin, je vous laisse une note sur Alaa el din et sa dulcinée. Commençons par le moraliste Alaa el din qui se distingue du moraliste Alain. Un vieil ami, un homme de cœur qui ne laisse jamais tomber les siens. Quand vous broyez du noir. Quand vous êtes sous le poids de l’adversités. Il trouve toujours les mots pour vous faire sortir de l’impasse. Jamais des propos sarcastiques ne sortent de sa bouche. Très rare il se met dans ses états. Je ne vous parle pas d’Alaa el din comme un ange mais plutôt comme un sage.

Quant à la mariée, une sublime créature, avec une voix angélique, elle est aussi avenante que son mari. Vous pouvez lire sa générosité qui se dessine entre son regard et son sourire. Et quand elle vous parle, vous vous sentez si paisible qu’aimable. Elle est reconnue par sa sympathie qui sort de l’ordinaire.

Ce n’est peut être pas le couple parfait sur cette terre. Mais plutôt le couple satisfait ! Que du bon vent dans la vie d’ici bas et dans celle de l’au-delà !!!

Un tout petit conseil fraternel, Ne prenez pas si vite une décision irrévocable quand un vent de liesse couvre votre toit. Car certaines décisions prises dans l’allégresse, peuvent tourner au vinaigre si celles-ci ne sont pas repensées. Prenez votre temps et pensez-y très bien !

 

4 thoughts on “Si le mariage était insensé, celui d’Alaa el din serait dispensé !

  1. Am so proud to see this kind of relationship that moved day after day and realize the dreams. Keep it up my friend ofcause this weeding I saw was very wonderful and everyone keep talking about it. Well done .thankx

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *