Omniprésent dans l’ensemble de l’archipel. Ce natif de l’ile au parfum est  victime de lui même, chez lui à Anjouan, avant qu’il soit une cible idéale dans les autres iles. Comme l’air, il est présent partout. Cependant on en a assez de Lui.

Archipel des Comores. Carte L. Mouaoued/ RFI

Très souvent, humble et modeste, ce natif de l’ile d’Anjouan, reste l’homme à tout faire. Malheureusement, à Mayotte, à la Grande comore et à Mohéli, l’Anjouanais reste l’auteur de toute impertinence, de toute maladresse…

Son « malheur » vient de loin. D’abord, à Anjouan, entre Anjouanais, dans son propre ile. Là où la notion des wagwana (bourgeois) (et les wamatsaha (campagnards) devient une institution. Là où prend racine tout ce qui pourrait donner naissance à la distinction. Tout ce qui peut inciter à la haine, à la discrimination, tout ce qui peut être synonyme d’inimitié, comme le chauvinisme, le sectarisme, le régionalisme etc.

Avoir le « malheur » d’être un campagnard, à Anjouan, ou être tout simplement un Anjouanais, en général. C’est être victime, de toute sorte d’action louche, enfin, de toute inconvenance. Toujours maladroit, le campagnard est « forcement » l’auteur de tout ce qui sort de l’ordinaire. Le villageois se voit alors traiter de rustaud en un mot, quoiqu’il soit hobereau. Hélas !

Anjouan (Ndzouani)

A Mayotte, ah Mayotte ! Moi, Anjouanais de souche, je ne te maudis point. Toi « l’eldorado » de canal de Mozambique. Toi, nous sembles miroir d’une vie de rêve. Laissez-moi rêvasser. C’est gratos. Hum ! Tu demeures aussi maillot faible, pour le reste du territoire comorien. Avec trois pieds, on sert nos chers politiques sur une table bancale.

Paradoxalement à Anjouan où il y a les bourgeois et les campagnards, des littoraux et des montagnards. Là-bas, à Mayotte, peu importe l’ile dont vous êtes originaire, vous vous trouvez tous dans le même « box ». On est tous des Anjouanais, point barre.

Et comme nous avons tous un dénominateur commun, la faim qui démange nos ventres rachitiques et consume le reste de nos corps squelettiques. Les problèmes de santé, la quête d’une vie meilleure. L’Anjouanais est donc un « gueux », pour éviter le mot mendiant, un nécessiteux, un rescapé, enfin, le misérable ! Pourvu qu’on ne soit Les Misérables de Victor Hugo. Sous ces conditions, le misérable devient, ari, opportuniste, pour certains, et arriviste, pour les autres. La ségrégation est donc claire est nette !

A la Grande comore, ici, c’est le royaume des multi-faces. Le Grand comorien se veut toujours supérieur et joue toutes les cartes du monde pour garder sa suprématie. Et l’Anjouanais, un véritable tape à l’oeil, ne se laisse pas faire. Ce qui laisse un si profond fossé de méfiance entre le grand comorien ou le « praticien » et l’Anjouanais ou un masiwa (l’insulaire). Une bataille qui se livre à l’ombre depuis que les Anjouanais sont Anjouanais et les Grands comoriens sont des Grands comoriens. Et la discrimination s’installe.

Débrouillard et prêt à tout « sot métier », ce natif de l’ile au parfum s’occupe de tout. Il ne choisit pas de taf. De Mayotte à la Grand comore, celui le commerçant, le maçon, le taximan, le laboureur, l’éboueur …

A Mohéli, c’est à peu près comme à Mayotte, l’Anjouanais, qu’il soit mugwana (bourgeois) ou matsaha (campagnard), pour moult de Mohéliens, les Anjouanais sont tous des wamatsaha (des campagnards). Quoique vous fassiez peau neuve.

Pourquoi tant de distinctions entre nous ? Pourquoi à la place de l’amour, fait place, avec beaucoup d’audaces, à la haine ?

Nous sommes un Etat insulaire. Tout le monde réclame ses Droits. Ce qui n’est pas anormal. Cependant, nous ne devons surtout pas mettre dans les oubliettes nos Devoirs à accomplir. La solidarité doit être mise au sommet de nos institutions. Tristement, ce pays  manque patriotisme.

Et malheureusement ces genres de discussions restent presque tabous dans les médias. Certes, c’est des sujets sensibles mais qui rongent davantage la société comorienne.

1 thought on “L’Anjouanais ou « pièce à conviction »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *